Publié le 8 novembre 2023 14h35. L’Ukraine tire la sonnette d’alarme face à l’utilisation croissante de drones russes, notamment le modèle Orion, capable d’emporter des armes sophistiquées et de menacer non seulement le territoire ukrainien, mais aussi celui de pays européens.
- La Russie utilise massivement des drones dans sa guerre contre l’Ukraine, et a intensifié les incursions aériennes en Europe de l’Est.
- Le drone russe Orion, un appareil d’attaque et de reconnaissance, est particulièrement préoccupant en raison de ses capacités et de son armement.
- L’Ukraine dénonce le fait qu’un tiers des entreprises impliquées dans la production de ce drone ne sont pas soumises à des sanctions internationales.
Les drones sont devenus un élément central de la stratégie militaire russe en Ukraine, et leur utilisation s’étend désormais à des opérations de reconnaissance et d’attaque contre des infrastructures militaires en Europe, notamment en Pologne, en Belgique et en Allemagne. Ces incursions ont suscité une vive inquiétude au sein de l’OTAN. Parmi les modèles employés par Moscou, le drone Orion, un appareil de reconnaissance et d’attaque, suscite une attention particulière.
Selon les renseignements ukrainiens, l’Orion représente « une menace non seulement pour l’Ukraine, mais aussi pour le monde civilisé en général ». La Direction principale du renseignement du ministère de la Défense de l’Ukraine a diffusé sur sa chaîne Telegram un descriptif détaillé de cet appareil, fabriqué par le groupe russe Kronstadt, qui est déjà soumis à des sanctions occidentales.
Pesant environ une tonne, l’Orion se distingue par ses ailes droites et son empennage en V. Il peut transporter jusqu’à 250 kg de charge utile, comprenant des systèmes de photographie aérienne, des modules de reconnaissance radioélectrique, des systèmes optoélectroniques, ainsi que des bombes guidées KAB-20 et des missiles Kh-50 ou Kh-UBAV.
Ce drone affiche une autonomie allant jusqu’à 250 km et une endurance de vol pouvant atteindre 30 heures. Ses caractéristiques tactiques et techniques lui ont valu le surnom de « tueur de Bayraktar » par certains médias russes proches du Kremlin. L’Orion est également capable d’emporter le nouveau missile de croisière russe S8000 Banderol, équipé d’une ogive de jusqu’à 150 kg et capable de parcourir une distance allant jusqu’à 500 km à une vitesse de 500 km/h, selon les informations des services de renseignement ukrainiens.
Les autorités ukrainiennes ont publié un modèle tridimensionnel de l’Orion, accessible sur leur site web, et ont également recensé 43 entreprises russes impliquées dans sa production, allant des fabricants de systèmes optoélectroniques aux fournisseurs de matériaux composites pour planeurs.
« Un tiers de ces entreprises ne font actuellement pas l’objet de sanctions par les pays de la coalition », a alerté Kiev, soulignant que cela permet la poursuite de l’approvisionnement en composants essentiels et prolonge la guerre en Ukraine. L’Ukraine considère que ce drone constitue une menace globale, car « les technologies et les composants pourraient être transférés aux alliés de la Russie, notamment vers l’Iran et la République populaire démocratique de Corée (RPDC), ce qui augmenterait le risque d’une utilisation militaire dans d’autres régions ».
