Home Des sportsUne nouvelle analyse suggère que le golf « développe le jeu » est tout à fait faux

Une nouvelle analyse suggère que le golf « développe le jeu » est tout à fait faux

by Camille Renault

Publié le 6 novembre 2025 à 23h20. Une analyse récente du New York Times révèle que les premières expériences sportives marquantes, vécues pendant l’enfance, peuvent façonner durablement les préférences des fans, une leçon potentiellement cruciale pour le golf qui cherche à élargir son public.

  • Une étude de données Facebook montre une forte corrélation entre les championnats suivis entre 8 et 12 ans et le développement d’un fort attachement à un sport.
  • Cette corrélation semble moins marquée chez les jeunes filles.
  • Pour le golf, cela suggère qu’il pourrait être plus efficace de cibler les enfants plutôt que les jeunes adultes pour fidéliser un public.

L’attachement à un sport, à un athlète ou à une équipe se construit souvent dans l’enfance. Pour beaucoup, le souvenir d’un moment sportif particulier reste gravé dans la mémoire. L’auteur de cet article se souvient avec précision de la bataille acharnée entre Tiger Woods et Rocco Mediate à l’US Open de 2008 à Torrey Pines, un événement qui a contribué à forger sa passion pour le golf. Il se demande si cette passion n’est pas le fruit d’une coïncidence heureuse : avoir grandi pendant l’apogée de Tiger Woods.

Une analyse menée par Seth Stephens-Davidowitz, un data scientist et économiste américain, semble confirmer cette intuition. En examinant les données des fans de Facebook, il a constaté une forte corrélation entre les championnats auxquels assistaient les garçons âgés de huit à douze ans et le développement ultérieur d’un fandom passionné. Selon son analyse, ces expériences précoces étaient deux à trois fois plus susceptibles de conduire à un attachement durable qu’à d’autres âges de l’enfance.

Il est important de noter que l’étude de Stephens-Davidowitz se concentrait sur les équipes de baseball et n’a pas examiné les sports individuels comme le golf, ni les sports d’équipe féminins. Il a d’ailleurs constaté que les jeunes filles semblaient moins influencées par le succès sportif dans le développement de leur fandom.

Néanmoins, les conclusions de Stephens-Davidowitz, disponibles ici, offrent un aperçu fascinant de la psychologie du fandom sportif et pourraient guider les ligues sportives dans leurs stratégies de développement. Pour le golf, qui peine à attirer un public plus large, cela pourrait signifier que les efforts déployés pour séduire les adolescents et les jeunes adultes sont moins efficaces que de s’adresser aux plus jeunes.

« En tant qu’industrie sportive, le marketing surestime l’attrait pour les jeunes adultes et sous-estime l’importance des enfants et des pré-adolescents. Si vous ne les avez pas à 14 ans, vous ne les aurez probablement jamais. »

Michael Mulvihill, président de l’équipe d’analyse et d’analyse de FOX Sports

Le golf a toujours eu l’avantage d’attirer les fans plus tard dans la vie, grâce à sa complexité et à son individualisme. Contrairement aux sports d’équipe, il ne repose pas sur le tribalisme ou les « matchs à domicile ». De plus, il offre la possibilité de pratiquer le sport à tout âge, même sur les terrains où Tiger Woods a triomphé en 2008. Le golf peut également offrir des opportunités professionnelles, ce qui en fait un atout pour ceux qui le maîtrisent.

Cependant, le golf reste en retard sur des sports plus populaires comme le football et le basket-ball en termes d’engagement des jeunes. En 2024, on comptait seulement 4 millions de golfeurs juniors aux États-Unis, contre 14,1 millions de jeunes footballeurs. L’écart en termes de fandom professionnel est également significatif.

Les initiatives récentes du golf, telles que TGL et LIV, visent à attirer un public plus jeune, mais elles se concentrent principalement sur les 18-35 ans. L’analyse du New York Times suggère que ces efforts pourraient être vains si les fans n’ont pas été captivés par le golf pendant leur enfance.

Investir massivement dans le golf pour les jeunes, comme le fait l’équipe nationale de développement des États-Unis de l’USGA, est donc essentiel. De même, il est crucial de créer des moments forts impliquant des joueurs talentueux et charismatiques. Cependant, il est difficile de reproduire la magie d’événements comme celui de 2008, où Tiger Woods et Rocco Mediate ont offert un spectacle inoubliable. Le golf ne peut pas forcer la création d’étoiles, mais il peut créer les conditions pour qu’elles émergent.

La bonne nouvelle est que des moments exceptionnels peuvent survenir. La victoire de Rory McIlroy au Masters en avril dernier ou la domination de Scottie Scheffler pourraient inspirer une nouvelle génération de fans de golf. Les jeunes stars du golf professionnel témoignent souvent de l’influence de Tiger Woods ou de Phil Mickelson sur leur propre parcours.

En 2008, le développement du golf reposait sur un garçon, une superstar, un outsider et une histoire palpitante. En 2025, l’histoire reste la même. Peut-être est-il temps pour le public de changer.

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