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Une nouvelle astuce pourrait arrêter le cancer du poumon

by Sophie Martin

Publié le 29 octobre 2025 17:25:00. Des chercheurs de l’Université du Missouri explorent une nouvelle approche thérapeutique contre le cancer du poumon, en ciblant les minuscules vésicules extracellulaires (VE) utilisées par les cellules pour communiquer, et pourraient ainsi améliorer la précision des traitements.

  • Une équipe de recherche a découvert que les VE produites par les cellules cancéreuses contiennent des niveaux plus élevés d’une protéine, le CD81, qui pourrait favoriser la propagation des tumeurs.
  • En « faisant taire » la production de cette protéine, les chercheurs ont observé une réduction de la taille des tumeurs dans des modèles précliniques.
  • L’objectif est d’utiliser ces VE comme vecteurs pour délivrer des médicaments directement aux cellules cancéreuses, minimisant ainsi les effets secondaires sur les cellules saines.

Dans la lutte contre le cancer du poumon, une nouvelle piste se dessine : l’exploitation des vésicules extracellulaires (VE), de minuscules messagers cellulaires. Ces vésicules, environ 3 000 fois plus fines qu’un cheveu humain, sont libérées par toutes les cellules du corps, y compris les cellules cancéreuses. Si les VE issues de cellules saines véhiculent des informations bénéfiques, celles produites par les cellules tumorales peuvent, au contraire, stimuler la croissance et la résistance aux traitements.

Akhil Srivastava, professeur adjoint à l’École de médecine de l’Université du Missouri, et son équipe se concentrent sur la manipulation de ces vecteurs potentiellement nocifs. Leur étude récente a révélé que les VE émises par les cellules cancéreuses du poumon présentent une concentration plus élevée de la protéine CD81 que celles produites par des cellules saines. Cette observation suggère un rôle clé de cette protéine dans la propagation des tumeurs.

Pour tester cette hypothèse, les chercheurs ont introduit de minuscules fragments de matériel génétique, appelés siARN, dans les cellules cancéreuses du poumon, avec pour instruction de bloquer la production de CD81. Les résultats ont été prometteurs : en « faisant taire » cette protéine, les VE produites par les cellules cancéreuses ont contribué à réduire la taille des tumeurs. Cela confirme l’implication de CD81 dans le processus de propagation du cancer.

« Une fois que nous en aurons découvert davantage sur toutes les informations biomoléculaires que ces véhicules électriques transportent d’une cellule à l’autre, nous pourrons les concevoir pour qu’ils transmettent les informations que nous souhaitons qu’ils transmettent à certaines cellules »,

Akhil Srivastava, professeur adjoint à l’École de médecine de l’Université du Missouri

L’équipe de Srivastava envisage également d’utiliser les VE comme un système d’administration de médicaments ciblés. L’idée est de charger ces vésicules avec des agents anticancéreux et de les diriger spécifiquement vers les cellules tumorales, épargnant ainsi les cellules saines. Cette approche pourrait pallier les inconvénients de la chimiothérapie, qui affecte l’ensemble de l’organisme, et de l’immunothérapie, dont l’efficacité est variable selon les patients.

Des expériences préliminaires ont déjà démontré le potentiel de cette stratégie. En modifiant des VE et en les chargeant de siARN, les chercheurs ont réussi à détruire des cellules cancéreuses du poumon in vitro, sans endommager significativement les cellules saines. Ces résultats encourageants ont été obtenus dans un modèle préclinique et ouvrent la voie à de nouvelles perspectives thérapeutiques.

Les résultats de cette recherche sont publiés dans la revue Molecular Oncology Therapy.

Source: Université du Missouri

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