Face aux bouleversements géopolitiques, aux défis migratoires et à l’essor des nouvelles technologies, les Églises chrétiennes d’Europe ont révisé leur charte commune pour affirmer un message d’unité et de solidarité. Ce document actualisé, signé le 6 novembre à Rome, appelle à un engagement renouvelé pour la paix, la justice sociale et l’accueil des plus vulnérables.
La révision de la Charte œcuménique, pierre angulaire de la coopération entre le Conseil des Conférences épiscopales d’Europe (CCEE) et la Conférence des Églises européennes (CEC) depuis 2001, s’est imposée après l’invasion de l’Ukraine par la Russie en 2022. Le texte, articulé en cinq chapitres et quinze paragraphes, a été salué par le pape lors d’une audience au Vatican, qui y a vu un « effort synodal » pour répondre aux enjeux contemporains.
« Le Saint-Père nous a encouragés à poursuivre sur la voie de l’œcuménisme, il a réaffirmé l’importance de la mission, d’être témoins sur un continent qui a plus que jamais besoin du message chrétien », a déclaré Mgr Gintaras Grušas, archevêque de Vilnius et président du CCEE. « Nous proposons la centralité de la Parole de Dieu dans une Europe trop sécularisée. »
La nouvelle charte met l’accent sur la nécessité de promouvoir la justice économique et sociale, en privilégiant le bien commun plutôt que les intérêts particuliers. Elle appelle également à une plus grande attention aux travailleurs et aux jeunes, considérés comme des acteurs essentiels de l’avenir du continent. « Le monde a changé, l’Europe a changé, nous ne pouvons pas faire comme si de rien n’était. Il y a les défis posés par le phénomène migratoire, par les nouvelles technologies. Nous voulons les aider à relever ces défis et à être des missionnaires », a précisé Mgr Grušas.
L’accueil des migrants et des réfugiés est un autre axe majeur de ce document. L’Église, souligne-t-on, s’engage à défendre les droits fondamentaux de ces personnes et à dénoncer les injustices et les abus économiques qui les oppriment. « L’Église fait un travail énorme pour aider les migrants et tous ceux qui fuient les guerres. En Ukraine, par exemple, il y a encore des milliers de personnes déplacées à l’intérieur du pays », a rappelé l’archevêque de Vilnius, insistant sur l’importance de l’accueil de l’étranger, conformément au message de Jésus.
La charte révisée exprime également une profonde inquiétude face à la guerre en Ukraine et plaide pour une solution pacifique. « Toute la Charta Oecumenica est un signe de cette nécessité de réparer les fractures, car elle unit non seulement des personnes de différentes Églises, de différentes confessions, mais aussi l’Est et l’Ouest, le Nord et le Sud, et recherche l’unité », a expliqué Mgr Grušas. Il a souligné l’importance de la prière et de la diplomatie pour aider les politiciens à trouver une « paix juste ».
Enfin, le document aborde les questions liées aux nouvelles technologies et à la protection de l’environnement, appelant à une éthique numérique fondée sur la dignité humaine et le bien commun, ainsi qu’à une responsabilité écologique accrue face au changement climatique et à la perte de biodiversité.
