Les maladies cardiaques ischémiques, qui réduisent l’apport sanguin au cœur, progressent à un rythme alarmant en Asie du Sud-Est, en Asie de l’Est et en Océanie, mettant en évidence des disparités régionales et des facteurs de risque spécifiques. Une nouvelle étude souligne l’urgence d’adapter les stratégies de prévention et de traitement à chaque région pour faire face à cette crise cardiovasculaire grandissante.
Entre 1990 et 2021, la prévalence des maladies cardiaques ischémiques (MCI) a augmenté de près de 4 %, tandis que le taux de mortalité et l’impact sur la qualité de vie ont progressé respectivement de 4,12 % et 3,24 %. L’étude, basée sur les données de la méthodologie standardisée Global Burden of Disease 2021, révèle que les personnes de moins de 70 ans sont particulièrement touchées par l’augmentation de l’incidence des MCI et de leurs conséquences invalidantes.
En 2021, l’Océanie affichait le taux de mortalité standardisé le plus élevé dû aux MCI, avec 170,9 décès pour 100 000 habitants, suivie de l’Asie du Sud-Est (110,9) et de l’Asie de l’Est (108,9). Si l’Océanie supporte le fardeau absolu le plus important, l’Asie de l’Est enregistre la plus forte augmentation à long terme des taux de mortalité, quel que soit le facteur de risque.
Les chercheurs ont identifié des facteurs de risque spécifiques à chaque région. En Asie de l’Est, la pollution atmosphérique toxique et les habitudes alimentaires malsaines sont particulièrement préoccupantes. En Océanie, la consommation excessive d’aliments ultra-transformés constitue le principal facteur de risque, tandis qu’en Asie du Sud-Est, l’hypertension artérielle et le cholestérol LDL élevé nécessitent une attention particulière.
« Notre étude révèle une dimension critique et sous-estimée de la crise cardiovasculaire mondiale : le fardeau en augmentation rapide et régionalement distinct des maladies cardiaques ischémiques en Asie du Sud-Est, en Asie de l’Est et en Océanie – des régions qui représentent ensemble plus de deux milliards de personnes », explique le Dr Hardik Dineshbhai Desai, clinicien-scientifique indépendant et chercheur en santé publique. « Le programme mondial cardiovasculaire ne peut pas réussir s’il néglige l’évolution rapide de la crise dans ces régions. »
L’étude souligne un paradoxe : les forces motrices de la croissance économique – urbanisation, industrialisation et systèmes alimentaires mondialisés – contribuent simultanément à l’augmentation des maladies cardiaques ischémiques. « Ce que notre étude met en lumière n’est pas seulement une crise sanitaire, mais un paradoxe économique », ajoute le Dr Desai. « À l’ère de la mondialisation, ces résultats ont des implications majeures pour la sécurité sanitaire mondiale. »
L’hypertension artérielle demeure le principal facteur de risque dans les trois régions, soulignant la nécessité urgente de renforcer les programmes de dépistage et de contrôle de la pression artérielle. Les résultats de cette étude seront présentés lors de la 36e réunion scientifique annuelle de l’ACC Asia 2025 avec le SCS à Singapour.
Définition : La cardiopathie ischémique (MCI) survient lorsque le rétrécissement des artères, dû à l’accumulation de plaque, réduit le flux sanguin vers le cœur, privant le muscle cardiaque d’oxygène. Les symptômes courants incluent une pression ou une douleur thoracique, et les patients atteints de MCI courent un risque accru de crise cardiaque ou d’arythmie. Les traitements comprennent des médicaments, l’angioplastie (une procédure mini-invasive pour déboucher les artères) ou le pontage coronarien.
Les régions étudiées comprenaient : l’Asie du Sud-Est (Cambodge, Indonésie, Laos, Malaisie, Maldives, Maurice, Myanmar, Philippines, Seychelles, Sri Lanka, Thaïlande, Timor-Leste et Vietnam), l’Asie de l’Est (Chine, Corée du Nord et Taïwan) et l’Océanie (Samoa américaines, Îles Cook, Fidji, Guam, Kiribati, Îles Marshall, Micronésie, Nauru, Niue, Îles Mariannes du Nord, Palaos, Papouasie-Nouvelle-Guinée, Samoa, Îles Salomon, Tokelau, Tonga, Tuvalu et Vanuatu).
