Publié le 28 novembre 2025 19:15:00. Une panne majeure d’un centre de données a paralysé les échanges de contrats à terme et d’options pendant plus de dix heures vendredi, semant l’incertitude parmi les investisseurs. L’incident, survenu dans l’Illinois, a mis en évidence la vulnérabilité des infrastructures critiques des marchés financiers.
- Les échanges sur CME Group, l’un des principaux opérateurs boursiers mondiaux, ont été interrompus vendredi matin en raison d’une surchauffe dans un centre de données exploité par Cyrus One.
- La panne a affecté les contrats à terme sur les indices boursiers américains, les bons du Trésor, l’or, le pétrole brut et d’autres marchés clés.
- Bien que l’impact ait été limité par le faible volume d’échanges pendant les vacances de Thanksgiving, l’incident soulève des questions sur la fiabilité des infrastructures de marché.
CME Group, basé à Chicago, a annoncé la reprise des échanges en milieu de matinée vendredi sur les principaux contrats à terme. La panne, qui a débuté jeudi soir, a été la plus longue de ce type depuis plusieurs années. Le centre de données concerné, situé dans l’Illinois et appartenant à Cyrus One, a subi une surchauffe, entraînant l’interruption des services.
Le volume d’échanges, traditionnellement plus faible pendant la période de Thanksgiving, a contribué à limiter l’ampleur des perturbations. Cependant, de nombreux courtiers se sont montrés prudents, hésitant à conclure des transactions sans accès aux prix en temps réel. Un négociant en pétrole basé à Singapour a d’abord cru à une fausse alerte, signalant que les transactions continuaient d’affluer, avant de constater que l’écran s’était figé et qu’il avait été déconnecté de la plateforme Nymex, la principale plateforme de trading de CME.
Les experts soulignent que, bien que le moment de la panne ait atténué son impact, des volumes d’échanges plus faibles pourraient entraîner des fluctuations de prix plus importantes.
« Cela aurait pu être bien pire. Si cela s’était produit lors d’une période de forte activité, les conséquences auraient été beaucoup plus graves. »
Ben Laidler, responsable de la stratégie actions chez Bradesco BBI
L’incident a également soulevé des inquiétudes quant à la fiabilité des infrastructures de marché.
« Au-delà du risque immédiat pour les traders, qui ne peuvent pas clôturer leurs positions, cet incident soulève des questions plus larges sur la robustesse des systèmes. »
Axel Rudolph, analyste technique senior chez la plateforme de trading IG
CME Group gère d’énormes volumes de transactions, traitant quotidiennement 1,5 billion de dollars de contrats à terme et d’options sur indices boursiers, ainsi que 9,6 billions de dollars de valeur notionnelle pour les paris sur les taux d’intérêt. L’entreprise, qui a débuté en 1898 sous le nom de Chicago Butter and Egg Board, est aujourd’hui le plus grand opérateur boursier en termes de valeur marchande et propose la plus large gamme de produits de référence, couvrant les taux, les actions, les métaux, l’énergie, les crypto-monnaies et l’agriculture. En octobre, CME a enregistré un volume quotidien moyen de 26,3 millions de contrats dérivés.
CME a déjà connu des interruptions de service par le passé. En 2019, des problèmes techniques ont interrompu les échanges pendant plusieurs heures. En 2014, des difficultés techniques ont également affecté le système électronique Globex, impactant les contrats agricoles. CME avait vendu le centre de données Aurora à CyrusOne en 2016.
CyrusOne, une entreprise privée acquise par KKR et Global Infrastructure Partners en 2022 pour environ 15 milliards de dollars, gère des dizaines de centres de données à travers le monde. CME exploite également d’autres bourses majeures, telles que le New York Mercantile Exchange, le Chicago Board of Trade et le Comex.
Le groupe CME et Cyrus One ont été contactés pour obtenir leurs commentaires.
