Publié le 26 septembre 2025 14h02. Une demeure du XIXe siècle, autrefois foyer du peintre Henri David, fondateur de l’École de Vérone, est mise en vente aux portes d’Agen. Son actuelle propriétaire, qui y vit depuis 1981, souhaite lui trouver un acquéreur capable de s’occuper de ce bien d’exception.
- Une propriété de 16 pièces et un parc de 20 000 m2 (2 hectares) est à vendre pour 682 500 €.
- La villa Perlette a abrité le peintre Henri David, figure importante de l’art local.
- La vente est motivée par la volonté de la propriétaire de trouver un acquéreur pour ce bien nécessitant une attention particulière.
À quelques minutes du centre-ville d’Agen, une propriété d’exception est proposée à la vente. Cette vaste demeure, construite dans la première moitié du XIXe siècle, offre un cadre de vie unique avec ses 16 pièces et son parc paysager de 20 000 m2. La villa est mise en vente au prix de 682 500 € par sa propriétaire actuelle.
Loin d’être une décision prise à la légère, cette vente est motivée par la taille et l’entretien conséquent de la propriété. L’habituée des lieux y réside depuis 1981, mais reconnaît que ce bien requiert une attention qu’elle ne peut plus lui accorder pleinement. La maison a une histoire riche, et c’est d’ailleurs cette histoire qui a poussé la propriétaire à effectuer des recherches approfondies aux archives départementales.
« Deux maisons ont été construites par Jean Boudet et apparaissent sur le cadastre dès 1845, puis l’une d’elles a été démolie, et ses pierres ont servi à reconstruire l’autre », raconte-t-elle. En 1900, la propriété est acquise par l’abbé François Videau, aumônier du lycée d’Agen, ce qui explique la présence d’une chapelle sur le domaine. Plus tard, en 1920, c’est Marcel Van Lesberg, un homme de lettres et ancien ambassadeur, qui s’y installe avec son épouse japonaise, connue pour ses promenades en kimono dans le parc. La famille Baroy y réside ensuite de 1935 à 1960, avant l’arrivée d’Henri David.
Utrillo et Valadon
Fils du peintre Ferdinand David, célèbre pour ses paysages de la Garonne et de ses coteaux, Henri David (1893-1963) a d’abord exercé la profession d’avocat à Paris avant de se consacrer à la peinture. Installé à Montmartre dans l’ancien atelier de l’affichiste Capiello, il fréquente les artistes de son temps, tels qu’Utrillo, Suzanne Valadon, Derain et René Dunoyer de Segonzac.
Selon une biographie du musée des Beaux-Arts d’Agen, « sa manière, faite avant tout de sincérité, avait horreur de la trop grande habileté et il ne pouvait peindre que sur nature. Il aimait employer une pâte grasse et une touche large et franche, ce qui reflétait bien sa personnalité puissante de bon vivant, appréciant particulièrement la bonne chère ».
Installé à la villa Perlette avec son fils, Prosper David, également peintre, Henri David a puisé son inspiration dans les paysages de l’Agenais. Il est considéré comme une figure influente pour les artistes locaux, notamment Grand-auatre Pédoussaut, Ballarin, Ruiz Pipo et Torthe, formant ainsi le noyau de l’École de Vérone.
Bien que le musée des Beaux-Arts d’Agen ne possède pas de tableaux de l’artiste, il est encore possible d’admirer certaines de ses œuvres, accrochées aux murs de la villa Perlette, où il avait son atelier. Ces tableaux ont été retrouvés et acquis au fil des ans par la propriétaire actuelle. « Il a également peint des fresques dans la chapelle et dans le salon, qui n’ont pas été entretenues et recouvertes, et sont irrécupérables », regrette-t-elle.
« C’est une maison unique »
Pour Yves d’Amécourt, de L’Agence Mercure, en charge de la vente, « c’est une maison unique, la seule dans son genre. Nous sommes spécialisés dans ce genre d’habitations, qui ont une histoire et une âme, et c’est une vraie maison de famille ». Il souligne toutefois que le marché de l’immobilier ancien est actuellement prudent, et que les acheteurs potentiels sont dans l’attente avant de se lancer.