Un virus recombinant de la myxomatose sévit parmi les lièvres bruns d’Europe dans la zone frontalière entre l’Allemagne et les Pays-Bas, selon des prélèvements confirmés par PCR entre 2023 et 2024. Les autorités scientifiques appellent également à la récupération de cadavres d’animaux en Wallonie pour analyser la propagation de ces pathologies.
La découverte de 104 lièvres bruns et de quatre lapins sauvages infectés par une souche naturelle recombinante du virus de la myxomatose a été confirmée dans la zone frontalière germano-néerlandaise. Menée par un consortium de chercheurs et de vétérinaires, l’étude s’appuie sur des analyses PCR ciblées sur des prélèvements de paupières, de peau et de poumons recueillis entre 2023 et 2024 dans les États fédérés et provinces de la région.
Le virus franchit les frontières allemandes et néerlandaises
Les animaux atteints présentaient des gonflements des paupières, des œdèmes faciaux et auriculaires, ainsi qu’une dermatite touchant la face, les membres et le périnée. Ce tableau clinique s’apparente à la myxomatose classique. Toutefois, l’analyse phylogénétique a révélé que les génomes viraux isolés proviennent de la même lignée que celle détectée en 2018 sur la péninsule Ibérique chez les lièvres ibériques. Avant cette émergence, des épisodes de mortalité massive dus à ce pathogène n’étaient pas documentés chez le lièvre brun d’Europe.
L’examen rétrospectif d’échantillons conservés en provenance de municipalités allemandes a permis de certifier la présence de l’infection dès la période 2023-2024.
Une cartographie des cas confirmés et suspectés met en évidence une diffusion radiale et orientée vers le nord de la maladie dans cette zone frontalière, comme le documente la recherche sur le virus de la myxomatose chez les lièvres bruns.
La Wallonie lance une collecte de carcasses
Les chercheurs de la faculté de médecine vétérinaire de l’université de Liège, soutenus par le Service public de Wallonie, sollicitent l’aide des citoyens et des chasseurs pour récupérer des cadavres de lagomorphes dans les espaces naturels.
Cette collecte vise à alimenter les analyses scientifiques pour surveiller l’évolution des maladies touchant la faune locale. Les carcasses doivent être manipulées avec des gants. Elles doivent être placées dans un double sac étanche comportant les informations de localisation et de date. Elles doivent ensuite être acheminées soit directement au Sart-Tilman à Liège, soit dans l’un des trente congélateurs de collecte répartis en Wallonie, ainsi que l’explique l’appel lancé par l’université belge.
Les chercheurs fixent un calendrier de publication
Les investigations menées sur les souches virales suggèrent un ancêtre commun récent. L’émergence a été estimée entre septembre 2020 et novembre 2023, avec une date moyenne fixée en juin 2022 par les analyses phylogénétiques temporelles.
Du côté de la Wallonie, la campagne de récupération des animaux trouvés morts se poursuivra jusqu’à la fin de l’année, et les résultats complets de ces travaux doivent être publiés au début de l’année 2027.