La série d’anthologies horrifiques V/H/S continue de se renouveler avec un nouvel opus, V/H/S Halloween, disponible dès maintenant sur la plateforme Shudder. Ce huitième volet explore les codes de l’horreur à travers cinq courts métrages se déroulant durant la fête d’Halloween, encadrés par une histoire principale particulièrement macabre.
Présenté en avant-première au festival Fantastic Fest d’Austin en septembre 2025, V/H/S Halloween a réuni tous les réalisateurs des courts métrages pour une discussion post-projection. L’occasion d’évoquer les défis spécifiques du genre found footage, caractérisé par une esthétique de vidéo amateur.
Anna Zlokovic, l’une des réalisatrices, a ainsi confié : « Tourner en found footage, c’est sacrément difficile. » Ses collègues ont abondé dans ce sens, expliquant que la contrainte principale réside dans la nécessité de justifier chaque action de la caméra.
Micheline Pitt, co-réalisatrice de « Home Haunt », a souligné : « Le plus difficile, en tant qu’artiste, c’est de se sentir limité par ses propres idées. Tout doit être motivé par la personne qui tient la caméra. Il faut donc se détacher de sa créativité et rester dans un cadre précis. »
Alex Ross Perry, réalisateur de « Kidprint », a adopté une perspective différente : « J’ai trouvé ça incroyablement libérateur. Le placement des acteurs et le cadrage deviennent une seule et même chose, contrairement au cinéma traditionnel où ils sont opposés. Une fois que l’on a défini le mouvement d’un personnage, on a déjà déterminé le cadrage. »
Pour d’autres, comme Anna Zlokovic, le principal défi est de maintenir la suspension d’incrédulité du spectateur. « Tout doit paraître réel, du son aux performances des acteurs. Si l’on présente un homme adulte en couche, il faut que cela semble crédible, aussi absurde que cela puisse être. »
Bryan M. Ferguson, réalisateur de « Diet Phantasma », a évoqué les difficultés liées aux effets spéciaux pratiques : « Dès que l’on a le placement des acteurs, c’est très bien, mais quand on a beaucoup d’effets spéciaux qui se produisent en même temps, il faut s’assurer de bien les capturer sans faire de faux pas. »
R.H. Norman, co-réalisateur de « Home Haunt », a insisté sur l’importance du rythme, notamment lorsqu’il s’agit de longs plans séquences : « Notre approche consistait à simuler des plans séquences en coupant à chaque fois que le père allumait ou éteignait la caméra. Il faut vraiment vivre l’instant et sentir l’impact de chaque prise, car il n’y a souvent pas de possibilité de corriger en post-production. »
Paco Plaza, réalisateur de « Ut Supra Sic Infra », a quant à lui souligné l’importance de ne pas montrer l’événement avant qu’il ne se produise : « La caméra doit toujours arriver en retard sur l’action. Si elle est déjà là, à attendre quelque chose, la magie est brisée. »
Les réalisateurs ont également partagé leurs moments de fierté. Alex Ross Perry a évoqué une scène où son personnage est assis devant quatre écrans affichant simultanément des vidéos analogiques, tandis que Micheline Pitt a mis en avant une scène de vol de sorcière particulièrement complexe. Bryan M. Ferguson a quant à lui cité l’explosion d’un garçon sur un écran, suscitant l’enthousiasme général.