Home NouvellesVAGUES ET CERCLES Blake Works I/Megahertz/Boléro Nationaltheater, Munich, 21 décembre 2025 PREMIÈRE

VAGUES ET CERCLES Blake Works I/Megahertz/Boléro Nationaltheater, Munich, 21 décembre 2025 PREMIÈRE

by Nicolas Lefèvre

Le Ballet national de Bavière a inauguré sa saison avec une soirée de danse contrastée au Théâtre national de Munich le 21 décembre 2025, explorant des territoires chorégraphiques variés, de la précision de William Forsythe à l’expérimentation lumineuse d’Emma Portner, en passant par la revisite classique du Boléro de Maurice Béjart.

La soirée a débuté avec Megahertz, une création d’Emma Portner où la lumière joue un rôle central. La chorégraphe utilise des faisceaux lumineux et des lignes angulaires pour structurer l’espace scénique, une approche visuellement intéressante, bien que le critique Frank Heublein n’y ait pas trouvé de fil conducteur conceptuel clair. « J’aime ces constructions lumineuses, une belle idée expressive », a-t-il noté, tout en regrettant un manque de dynamisme musical.

Le cœur de la soirée a été constitué de Blake Works I (2016) de William Forsythe, une pièce chorégraphiée sur sept chansons de James Blake. Heublein a souligné l’ingéniosité de Forsythe dans l’organisation de l’espace, comparant son approche à l’espacement stratégique des joueurs de basket-ball. « Parfaitement positionné, non seulement pour la figure exécutée, mais aussi pour celle à venir », a-t-il écrit, louant la symétrie, l’élégance et la fluidité de la chorégraphie. Il a particulièrement apprécié le moment d’intimité créé dans La couleur en tout, où la musique et la danse se fondent en un instant magique.

La soirée s’est conclue avec une interprétation du Boléro (1961) de Maurice Béjart, dans lequel le danseur Osiel Gouneo a livré une performance solo sur une grande table rouge, accompagnée par l’Orchestre d’État de Bavière sous la direction de Patrick Langé. Bien que reconnaissant l’endurance et l’excellence de Gouneo, Heublein a estimé que cette chorégraphie statique ne parvenait pas à insuffler de la magie à la pièce emblématique de Ravel. « J’ai vu le très statique Boléro à la maison en juin 2023, plus audacieux, plus agile et plus vivant », a-t-il précisé.

Dans l’ensemble, Heublein a salué la qualité de l’exécution des danseurs, mais a regretté un manque d’émotion et de connexion entre la danse et la musique tout au long de la soirée. « Une soirée très bien dansée qui ne m’a inspiré aucun enthousiasme », a-t-il conclu.

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