Home SantéVIDÉO Traitement expérimental du diabète avec administration d’insuline par patch cutané, testé par des chercheurs

VIDÉO Traitement expérimental du diabète avec administration d’insuline par patch cutané, testé par des chercheurs

by Sophie Martin

Publié le 20 novembre 2025 13:11:00. Une équipe de chercheurs chinois a mis au point une méthode prometteuse pour administrer l’insuline sans injection, en utilisant un polymère innovant capable de franchir la barrière cutanée et de libérer l’hormone directement dans l’organisme. Cette avancée pourrait révolutionner la prise en charge du diabète pour des millions de patients.

  • Des tests précliniques sur des animaux et des échantillons de peau humaine montrent une absorption efficace de l’insuline à travers la peau.
  • La technologie repose sur un polymère, appelé OP, dont les propriétés varient en fonction du pH de la peau.
  • Aucun effet secondaire notable n’a été observé jusqu’à présent, mais des études cliniques sont nécessaires pour confirmer la sécurité et l’efficacité chez l’homme.

L’administration d’insuline, essentielle pour les personnes atteintes de diabète, repose traditionnellement sur des injections multiples par jour. Cette méthode, bien que efficace, peut être douloureuse et contraignante. Depuis des années, les chercheurs explorent des alternatives non invasives, mais la difficulté réside dans la capacité à faire pénétrer des molécules aussi volumineuses que l’insuline à travers la peau. La couche cornée, barrière protectrice de l’épiderme, est en effet imperméable aux substances hydrophiles (solubles dans l’eau), dont l’insuline fait partie.

L’équipe de l’Université du Zhejiang en Chine a relevé ce défi en concevant un polymère baptisé OP (pour ses propriétés spécifiques). Ce polymère réagit aux variations de pH présentes dans les différentes couches de la peau. À la surface, où le pH est légèrement acide, l’OP acquiert une charge positive qui lui permet de s’accrocher aux lipides cutanés. En pénétrant dans les couches plus profondes, où le pH se rapproche de la neutralité, le polymère perd sa charge et se détache, facilitant ainsi le passage à travers la barrière cutanée. Les chercheurs ont ensuite lié l’insuline à ce polymère, créant un composé appelé OP-I, capable de transporter l’hormone à travers la peau.

Les résultats des tests précliniques sont encourageants. Sur des modèles de peau humaine artificielle, ainsi que sur des souris et des mini-porcs diabétiques, l’OP-I a démontré une efficacité supérieure à celle de l’insuline administrée seule ou en combinaison avec d’autres polymères. Chez les souris, le traitement a permis de ramener la glycémie à des niveaux normaux en environ une heure, avec un effet maintenu pendant 12 heures, comparable à celui obtenu avec les injections sous-cutanées. Des résultats similaires ont été observés chez le mini-porc, un modèle animal plus proche de la physiologie humaine.

Après avoir traversé la peau, le composé OP-I se concentre dans les tissus clés impliqués dans la régulation de la glycémie, tels que le foie, le tissu adipeux et les muscles squelettiques. Les cellules absorbent ensuite le complexe et libèrent l’insuline, entraînant une activation efficace des récepteurs de l’insuline et une amélioration du métabolisme du glucose. Les chercheurs soulignent que cette libération est plus régulière et prolongée qu’avec les injections traditionnelles.

Pour l’instant, aucun signe d’inflammation ou d’effets indésirables n’a été détecté lors des tests effectués. Cependant, il est crucial de souligner que cette technologie est encore en phase préclinique et que des études cliniques rigoureuses sont indispensables pour évaluer sa sécurité et son efficacité chez l’homme. L’étude a été publiée dans la revue Nature.

Au-delà du diabète, les chercheurs envisagent d’adapter cette technologie pour l’administration d’autres molécules volumineuses, telles que des protéines, des peptides ou des acides nucléiques, ouvrant ainsi de nouvelles perspectives thérapeutiques. Cette avancée représente un pas important vers un objectif de longue date en diabétologie : un système d’administration d’insuline indolore et non invasif.

Filmage virtuel : imagerie de dynamique moléculaire comparant la manière dont l’insuline et l’OP-I se lient au récepteur de l’insuline. Cette technique de simulation est utilisée en biochimie et en biologie structurale pour suivre le mouvement des atomes et des molécules au fil du temps, permettant aux chercheurs d’observer les interactions entre une molécule (comme l’insuline ou l’OP-I) et une protéine cible, comme le récepteur de l’insuline, dans des conditions proches du réel. Crédit : Nature, 19 novembre 2025

You may also like

Leave a Comment