La saison de transmission du virus du Nil occidental est en cours en Europe, avec des augmentations notables signalées en Grèce et des cas confirmés en France, en Italie, en Espagne, en Roumanie et en Macédoine du Nord, incitant l’Organisation mondiale de la santé à recommander de strictes mesures de protection contre les moustiques.
La circulation du virus du Nil occidental s’intensifie à travers l’Europe pour la saison en cours, portée par des températures en hausse et des étés plus longs qui favorisent la prolifération des moustiques vecteurs. Selon les données compilées par l’organisme sanitaire européen, plusieurs pays méditerranéens et d’Europe centrale font face à des transmissions locales documentées, conduisant les autorités sanitaires à appeler à la vigilance.
Vingt et un cas confirmés en Grèce et une propagation rapide en Europe
En Grèce, l’Organisation nationale de santé publique a recensé 21 cas locaux d’infection au cours de la saison de surveillance actuelle, l’essentiel des contaminations se concentrant dans la région de l’Attique. Aucun décès n’a toutefois été enregistré en Grèce pour ce bilan initial de la saison.

L’Organisation mondiale de la santé a souligné que, si la grande majorité des infections humaines restent asymptomatiques ou bénignes, environ une personne sur 150 infectées développe une forme neuro-invasive menaçant le pronostic vital. Dr Hans Henri P. Kluge a déclaré que le virus du Nil occidental n’est pas une menace nouvelle, mais les conditions qui favorisent sa propagation évoluent rapidement.
Infections équines confirmées en France dans le Gard et en Camargue
La France n’est pas épargnée par cette dynamique de circulation virale. Cinq cas d’infection équine ont été confirmés dans le département du Gard, touchant des chevaux résidant à proximité de zones humides en Camargue et dans le Gard rhodanien.

Face à ces foyers, le préfet du Gard a invité les éleveurs et les vétérinaires à renforcer la prévention par des traitements insecticides, la vaccination des équidés et la déclaration rapide des animaux malades. Les chevaux et les humains constituent des hôtes accidentels
du virus et ne transmettront pas l’agent pathogène à un moustique, car leur virémie sanguine reste insuffisante. Aucun cas humain n’a pour l’instant été détecté dans le Gard.
Comparaison de la diffusion géographique en Europe
L’expansion du virus varie d’un pays à l’autre, l’Italie affichant l’une des zones de diffusion les plus larges d’après les rapports du Centre européen de prévention et de contrôle des maladies. Pour appréhender l’ampleur de la transmission au début de la saison, un comparatif des cas locaux recensés dans les premiers pays touchés s’établit comme suit :

| Pays | Cas locaux signalés | Principales zones touchées |
|---|---|---|
| Grèce | 21 cas | Attica (Spata-Artemida, Athènes), Larissa, Palamas |
| Italie | 21 cas | Novara, Cremona, Verona, Milan, Florence, Naples |
| Roumanie | 2 cas | Argeș, Suceava |
| Espagne | 2 cas | Alicante, Séville |
| Macédoine du Nord | 2 cas | Skopje, Vardar |
Ces chiffres initiaux s’inscrivent dans une surveillance accrue menée tout au long de la période estivale, période durant laquelle l’activité des moustiques du genre Culex et les migrations d’oiseaux sauvages – réservoirs naturels du virus – dictent le rythme des contaminations.
Recommandations sanitaires et prévention des piqûres
En l’absence de vaccin commercialisé et de traitement antiviral spécifique pour l’homme, les agences sanitaires rappellent que la prévention repose entièrement sur la lutte contre les vecteurs. Les autorités recommandent l’utilisation de répulsifs cutanés agréés, le port de vêtements amples et clairs couvrant les bras et les jambes, ainsi que l’installation de moustiquaires aux fenêtres.
Il est également conseillé d’éliminer régulièrement l’eau stagnante autour des habitations, qu’il s’agisse de soucoupes de pots de fleurs, de seaux ou de bacs, afin d’interdire aux moustiques leurs sites de reproduction naturels. Toute apparition de fièvre inexpliquée, de maux de tête prononcés ou de troubles neurologiques au retour d’une zone de circulation doit faire l’objet d’une consultation médicale rapide.