Publié le 2026-01-02 19:19:00. Les taux d’usure, qui encadrent les conditions de crédit immobilier, ont été révisés à la hausse pour les prêts de longue durée au début de l’année 2026. Cette évolution intervient dans un contexte où une remontée générale des taux d’intérêt est anticipée, même si la concurrence entre les banques pourrait limiter l’ampleur de cette hausse.
- Au premier trimestre 2026, le taux d’usure pour les prêts immobiliers à taux fixe de plus de 20 ans s’établit à 5,13 %, contre 5,09 % au trimestre précédent.
- Bien que servant de plafond, les taux d’usure ne reflètent pas les taux actuellement pratiqués par les banques, qui se situent en moyenne plus bas.
- Les experts prévoient une probable, mais limitée, augmentation des taux de crédit en 2026, sans pour autant anticiper un retour aux taux très bas observés ces dernières années.
La Banque de France ajuste trimestriellement les taux d’usure, qui constituent le taux maximum d’intérêt que les banques sont autorisées à appliquer aux crédits immobiliers. Ces ajustements tiennent compte de l’ensemble des frais liés au prêt, notamment les frais de dossier et l’assurance emprunteur. Pour le premier trimestre 2026, les nouveaux barèmes ont été publiés, signalant une légère augmentation pour les prêts de longue durée. Plus précisément, pour un prêt à taux fixe sur une période de 10 à 20 ans, le taux d’usure reste stable à 4,59 %, tandis qu’il grimpe à 5,13 % pour les prêts excédant 20 ans.
Il est important de noter que les taux d’usure ne sont pas les taux effectivement pratiqués par les banques. Au dernier trimestre 2025, les établissements de crédit accordaient en moyenne des prêts à un taux de 3,85 %. Le calcul du taux d’usure est basé sur les taux effectifs appliqués le trimestre précédent. En 2023, face à une forte remontée des taux, la Banque de France avait exceptionnellement mensualisé le calcul des taux d’usure pour éviter de bloquer l’accès au crédit. Cette mesure n’est plus en vigueur, mais la perspective d’une hausse des taux immobiliers en 2026 demeure.
Selon le courtier VousFinancer, les taux augmentent en moyenne de 0,10 point au mois de janvier. Cependant, Julie Bachet, directrice générale de VousFinancer, nuance cette tendance :
« Dans un contexte de forte concurrence interbancaire et d’objectifs de production de crédits élevés en 2026, ces hausses devraient rester limitées et les taux attractifs au moins durant les premiers mois de l’année. »
Toutefois, l’optimisme est plus mesuré pour le reste de l’année :
« À ce stade, il n’y a pas de raison que les taux de crédit baissent à nouveau en 2026. »
L’absence de perspectives de baisse des taux directeurs de la Banque centrale européenne (BCE), dans un contexte d’inflation modérée, confirme cette tendance. Néanmoins, certains signaux sont encourageants : le volume de nouveaux crédits immobiliers accordés a augmenté de 38 % entre janvier et septembre 2025. Les acheteurs semblent s’adapter à la nouvelle donne, acceptant plus facilement des taux d’intérêt supérieurs à 3 %, comme le souligne une étude de l’Observatoire BPCE :
« Les Français, conscients de l’environnement économique et financier dégradé, sont désormais plus nombreux à considérer comme acceptable un taux d’intérêt supérieur à 3 %. »
La question reste de savoir jusqu’à quel point les ménages pourront supporter cette hausse avant qu’elle ne freine durablement la demande.