Dans la nuit du 4 au 5 août, le village de Robécourt, qui compte à peine une centaine d’habitants dans les 20 Minutes, a été le théâtre d’un cambriolage spectaculaire au musée de l’ancienne fonderie. Les malfaiteurs ont pénétré dans l’établissement et ont dérobé les pièces maîtresses du site : trois cloches historiques nommées « Marie », « Saint-Martin » et « Magdalena », ainsi qu’une autre cloche plus petite, représentant au total environ 800 kg de bronze.
Un vol spectaculaire de cloches historiques à Robécourt
L’effraction a été commise à l’aide d’un pied-de-biche en passant par une porte en bois située sur le côté du bâtiment, invisible depuis la route départementale. Le vol a pu être commis discrètement, la maison située en face de l’entrée étant inoccupée en raison des vacances de son propriétaire. Les voleurs étaient bien équipés et costauds pour déplacer des charges aussi lourdes, puisque « Saint-Martin », la plus ancienne cloche de l’exposition et datant de 1889, pèse 322 kg, suivie par « Magdalena » avec 250 kg et « Marie » avec 150 kg.
Une enquête menée par la gendarmerie et la découverte des pièces endommagées
Une enquête de gendarmerie a été ouverte sous la direction de la vice-procureure de la République d’Epinal, Elsa Anselmo. Les investigations ont rapidement permis de retrouver quatre cloches dérobées, qui ont été restituées lundi à leurs propriétaires selon les précisions de la magistrate. Les objets récupérés sont conservés à la gendarmerie le temps de l’enquête.

Cependant, les nouvelles restent alarmantes quant à l’état des œuvres. « On a récupéré des morceaux », a déploré Michel Barret, vice-président de l’association qui gère le musée, auprès de 20 Minutes. Deux cloches ont perdu leurs anses et ne pourront plus être balancées, tandis que deux autres ont été pulvérisées à coups de masse. La maire du village, Régine Thomas, a souligné que ces couronnes d’anses enlevées donnaient l’impression que les cloches avaient été « décapitées ».
Un mobile lié à la flambée des métaux précieux et une perte patrimoniale inestimable
Le mobile privilégié par les enquêteurs et les gestionnaires du site est la valeur marchande de la matière première. Le bronze dérobé contient 78 % de cuivre, un métal dont les cours sont élevés sur les marchés internationaux. Selon les estimations, la revente du métal pouvait rapporter plusieurs milliers d’euros à ses auteurs, le bronze se revendant autour de 16 euros le kilo après refonte.
Pour l’association « Fonderie et clochers du pays de Robécourt », le coup est extrêmement dur. Créée au XIXe siècle, la fonderie a produit environ 7 000 cloches entre 1847 et 1939, représentant la dernière structure de ce type en Lorraine avant de devenir un musée animé par des bénévoles depuis 2009. La refonte complète des œuvres endommagées risque de se chiffrer en dizaines de milliers d’euros — la maire évoquant une somme d’au moins 60 000 euros pour tout refaire à l’identique —, plongeant le musée dans l’incertitude alors qu’il était déjà fermé pour rénovation et confronté à des travaux de mise aux normes.