Le constructeur automobile suédois Volvo Cars a annoncé la suppression de 2 500 postes dans le monde, dont 2 000 en Suède, le 23 octobre 2026, après avoir enregistré une perte d’exploitation ajustée de 3,7 milliards de couronnes au troisième trimestre, frappé par une concurrence agressive en Chine et des pressions douanières aux États-Unis.
La douche a été glaciale à la Bourse de Stockholm pour Volvo Cars.
Le constructeur a dévoilé des comptes trimestriels lourdement grevés par un environnement international tourmenté. La sanction des marchés ne s’est pas fait attendre, avec une chute de l’action de plus de 30 % à l’ouverture, pour clôturer en baisse de 24,23 % en fin de séance selon le bilan de la journée boursière.
Les investisseurs ont sanctionné l’entreprise, propriété du groupe chinois Geely depuis 2010, alors que ses effectifs s’élevaient à 42 600 collaborateurs à l’échelle globale selon les données communiquées par la société. L’entreprise a précisé que ces nouvelles mesures d’ajustement structurel s’ajoutent à un plan d’économies antérieur de 18 milliards de couronnes, ainsi qu’à 3 000 suppressions de postes annoncées en mai 2025.

Volvo Cars essuie une perte d’exploitation de 3,7 milliards de couronnes face au recul de ses marchés
Sur la période de juillet à septembre 2026, le groupe a affiché une perte d’exploitation ajustée de 3,7 milliards de couronnes suédoises, soit environ 333 millions d’euros, contrastant fortement avec le bénéfice engrangé un an plus tôt.
La marge opérationnelle ajustée s’est ainsi repliée en territoire négatif à -5,6 %. Le chiffre d’affaires trimestriel s’est établi à 66,9 milliards de couronnes, soit environ 6 milliards d’euros, marquant un recul de 23 % par rapport au troisième trimestre de l’année précédente, tel que le détaille le point financier publié par Volvo Cars.
En Chine, face à une concurrence féroce de la part de nouveaux rivaux locaux entraînant une forte pression sur les prix, le chiffre d’affaires a chuté de près de 50 % sur un an. Aux États-Unis, la marque a subi les effets persistants des droits de douane mis en place par Donald Trump, combinés à la suppression des aides publiques à l’achat de véhicules électrifiés.

Les faibles performances enregistrées aux États-Unis et en Chine signifient que la moitié de nos activités ne contribuait pas à notre rentabilité.
Håkan Samuelsson, directeur général de Volvo Cars
Le constructeur active un plan d’économies additionnel avec 2 500 suppressions de postes
Ce nouveau train de mesures vise à retrancher 5 milliards de couronnes supplémentaires sur les dépenses indirectes et les coûts variables d’ici la fin de l’année 2027.
Cette cure d’austérité se traduira par la suppression de 2 500 emplois à travers le monde, représentant environ 6,4 % des salariés, dont 2 000 postes localisés en Suède, touchant principalement des employés de bureaux et les opérations dans la région de Göteborg selon les analyses sectorielles transmises aux professionnels.
Ces coupes sombres s’appuieront sur la résiliation de contrats de consultants, des départs naturels et des plans de départ ciblés proposés aux salariés, comme l’a souligné le rapport trimestriel. Du côté des partenaires sociaux, le syndicat suédois Unionen a indiqué à l’agence de presse Reuters ne pas avoir été informé en amont.
Volvo Cars aborde les défis industriels de l’électrification pour préparer son redressement
Au-delà de la conjoncture internationale, le constructeur fait face à un environnement de marché complexe. Le groupe prévoit toutefois d’accélérer le renouvellement de sa gamme avec le lancement de treize nouveaux véhicules d’ici la fin de la décennie, ciblant spécifiquement l’Europe, les États-Unis et la Chine grâce à une localisation accrue de sa production.
En parallèle, l’entreprise sœur axée sur les véhicules utilitaires, Volvo Group (qui détient Volvo Trucks et demeure indépendant de Volvo Cars), a pour sa part affiché de solides résultats financiers pour la même période, porté par des ventes nettes de 119,5 milliards de couronnes suédoises et un résultat d’exploitation ajusté de 14,7 milliards de couronnes, tout en illustrant la vitalité de son segment électrique avec des distinctions internationales pour ses camions lourds et ses utilitaires en collaboration avec Renault SA.
Malgré ces turbulences, les modèles entièrement électriques et hybrides rechargeables progressent en Europe, tandis que la capacité de Volvo à retrouver une dynamique commerciale solide déterminera son avenir sur un marché mondial en pleine recomposition, après un exercice 2025 marqué par l’annonce de 3 000 suppressions de postes.