Publié le 8 janvier 2026 17h29. Les autorités sanitaires américaines encouragent une approche plus accessible de la prévention du cancer du col de l’utérus, notamment grâce à l’autotest du virus du papillome humain (VPH), une option qui demeure limitée au Canada.
- Les États-Unis facilitent l’accès à l’autotest du VPH pour les femmes et les personnes assignées à la naissance.
- Cette initiative s’inscrit dans un mouvement plus large de remplacement du test Pap par le test VPH, plus précis.
- Le dépistage du VPH, lorsqu’il est effectué régulièrement, permet de détecter le cancer du col de l’utérus à un stade précoce, avec un taux de survie à cinq ans de 90 %.
Les États-Unis ouvrent la voie à une prévention plus simple du cancer du col de l’utérus en rendant plus facilement accessibles les kits d’autotest à domicile pour le virus du papillome humain (VPH). L’Administration des ressources et des services de santé a publié lundi de nouvelles recommandations qui devraient permettre aux femmes et aux personnes assignées à la naissance de se tester elles-mêmes pour ce virus sexuellement transmissible, responsable du cancer du col de l’utérus.
Cette décision s’inscrit dans une évolution plus globale du dépistage, qui privilégie désormais le test VPH au détriment du test Pap traditionnel. Le test VPH peut être réalisé par un professionnel de la santé, mais aussi par la personne elle-même, offrant ainsi une plus grande autonomie.
Au Canada, bien que de nombreuses provinces recommandent désormais le dépistage du VPH plutôt que le test Pap, l’autotest n’est pas encore largement disponible. La Colombie-Britannique est actuellement la seule province à offrir des kits d’autotest à domicile pour le VPH dans le cadre de son programme de dépistage et de prévention du cancer du col de l’utérus.
Comment fonctionnent les autotests à domicile ?
Les kits d’autotest VPH sont similaires aux tests rapides à domicile pour la COVID-19. Ils consistent en un écouvillon utilisé pour prélever un échantillon à l’intérieur du vagin. Instructions pour le prélèvement.
Contrairement au test Pap ou au test VPH effectué par un professionnel de la santé, aucun spéculum n’est nécessaire. L’écouvillon d’autotest n’a pas non plus besoin de toucher ou de gratter le col de l’utérus, ce qui peut être source d’inconfort lors d’un test Pap.
L’échantillon prélevé doit ensuite être envoyé à un laboratoire pour analyse. Il ne s’agit pas d’un test rapide comme ceux pour la COVID-19. Selon le Partenariat canadien contre le cancer, l’autotest favorise un dépistage plus large, notamment chez les personnes qui n’ont jamais été testées ou qui le sont rarement.
Précision des tests : VPH versus test Pap
Le test Pap détecte les cellules anormales ou précancéreuses dans le col de l’utérus, mais sa précision est estimée à moins de 60 %, selon une étude de 2022 publiée dans le Journal de l’Association médicale canadienne.
Le test VPH, quant à lui, recherche l’ADN du virus. Sa précision dans la détection du VPH peut dépasser 90 %, selon la même étude. Informations sur le test VPH.
Presque tous les cas de cancer du col de l’utérus sont causés par le VPH, et deux souches spécifiques sont responsables de plus de 70 % des cas dans le monde. Statistiques mondiales sur le VPH et le cancer du col de l’utérus.
Un test VPH positif ne signifie pas nécessairement que vous développerez un cancer, mais il peut nécessiter un examen plus approfondi, tel qu’un test Pap. Il existe également de rares cas où le test VPH peut ne pas détecter le cancer. Cas rares de cancers du col de l’utérus non détectés par le test VPH.
Santé Canada recommande actuellement un test Pap tous les trois ans, ou un test VPH tous les cinq ans.
Disponibilité des autotests dans les provinces canadiennes
La Colombie-Britannique a été la première province à mettre en œuvre un programme d’autotest du cancer du col de l’utérus en janvier 2024.
L’Île-du-Prince-Édouard a mené un projet pilote en 2024 et prévoit un déploiement progressif après un examen des directives. Programme de dépistage du cancer du col de l’utérus à l’Île-du-Prince-Édouard.
D’autres provinces, dont l’Alberta, le projet pilote de l’Alberta, le Manitoba le kit d’autotest du Manitoba et Terre-Neuve-et-Labrador le projet pilote de Terre-Neuve-et-Labrador, ont également mené des projets pilotes d’autotest. L’Ontario propose des autotests VPH, mais ils ne sont pas couverts par le programme d’assurance provincial. Autotests VPH en Ontario : couverture d’assurance.
Dans certaines régions, des entreprises privées proposent des kits d’autotest, mais à un coût.
Situation aux États-Unis
Les nouvelles recommandations américaines permettent aux femmes et aux personnes assignées à la naissance âgées de 30 à 65 ans, présentant un risque moyen de cancer du col de l’utérus, de s’autotester. Nouvelles recommandations de l’HRSA.
La plupart des compagnies d’assurance privées devront couvrir le coût des tests à partir du 1er janvier 2027. Les patientes peuvent toujours opter pour un test VPH ou un test Pap effectué par un professionnel de la santé.
Selon la Société américaine du cancer, environ 13 000 nouveaux cas de cancer du col de l’utérus sont diagnostiqués chaque année aux États-Unis, entraînant environ 4 300 décès.
Prévalence du VPH et du cancer du col de l’utérus
Santé Canada estime que 75 % des personnes sexuellement actives contractent au moins une infection au VPH au cours de leur vie, mais la plupart sont asymptomatiques et disparaissent d’elles-mêmes. Informations sur le VPH et le dépistage du cancer du col de l’utérus.
L’accès aux vaccins contre les souches de VPH cancérigènes et non cancérigènes a contribué à une diminution des cas, mais des données récentes suggèrent que cette tendance s’est stabilisée.
Les taux de cancer du col de l’utérus ont diminué régulièrement au Canada entre 1984 et 2005, mais sont restés stables depuis, selon un rapport publié en novembre par le Comité consultatif sur les statistiques canadiennes sur le cancer. Le rapport souligne que, bien que le cancer du col de l’utérus ne soit pas l’une des principales causes de décès par cancer chez les femmes au Canada, chacun des 430 décès attendus en 2025 aurait pu être évité.
