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World United News: Direction dystopique au Canada

by Clara Dubois

Une nouvelle loi canadienne, le projet de loi C-63, suscite de vives inquiétudes quant à son impact sur la liberté d’expression et la vie privée des citoyens. Sous couvert de protéger les enfants contre les préjudices en ligne, ce texte de loi pourrait, selon ses détracteurs, ouvrir la voie à une censure généralisée et à des restrictions disproportionnées des libertés individuelles.

Le projet de loi C-63 permettrait aux tribunaux d’imposer des mesures coercitives, telles que le port d’un bracelet électronique, des couvre-feux ou l’interdiction de fréquenter certains lieux, à des personnes soupçonnées de proférer des discours haineux potentiels. Ces mesures pourraient être ordonnées sans qu’un crime ait été commis ou prouvé, se basant uniquement sur la crainte qu’une infraction puisse survenir.

Selon John Carpay, président du Centre de justice pour les libertés constitutionnelles, le projet de loi est particulièrement préoccupant en raison de la définition floue du terme « haine ». « L’ancienne juge de la Cour suprême, Beverley McLachlin, a elle-même reconnu la difficulté de définir la ‘haine’ et son caractère subjectif », a-t-il souligné. « Où commence le manque d’amour, et la haine ou le mépris ? »

Le Tribunal canadien des droits de l’homme se verrait également attribuer de nouveaux pouvoirs, notamment celui d’imposer des amendes pouvant atteindre 50 000 $ pour des infractions liées au discours, ainsi que d’ordonner le versement de dommages et intérêts à des « victimes » présumées. Les plaintes pourraient être déposées de manière anonyme, privant les accusés de leur droit de confronter leurs accusateurs.

Par ailleurs, une nouvelle Commission de la sécurité numérique serait créée, dotée de pouvoirs étendus pour enquêter sur les plateformes de médias sociaux, établir des codes de conduite et imposer des amendes pouvant atteindre 6 % du chiffre d’affaires mondial de ces entreprises. Cette commission pourrait ordonner le retrait de contenu en ligne, mener des enquêtes sans mandat et même révoquer des licences.

Les critiques craignent que ces mesures n’incitent les plateformes de médias sociaux à censurer proactivement les contenus afin d’éviter des amendes potentiellement massives. John Carpay met en garde contre le risque que les plateformes deviennent des « alliés » de la Commission de la sécurité numérique, supprimant tout ce qui pourrait être jugé « haineux » par des bureaucrates.

Le projet de loi C-63 autoriserait également la Commission de la sécurité numérique à effectuer des perquisitions sans mandat dans des lieux où elle soupçonnerait la présence d’informations pertinentes pour vérifier la conformité à la loi. Les données des utilisateurs des médias sociaux pourraient être mises à la disposition de chercheurs externes, soulevant des préoccupations en matière de confidentialité et de sécurité.

« Lorsque des bureaucrates sont autorisés à appliquer leur propre interprétation de définitions vagues et glissantes du discours de ‘haine’, il devient possible pour des milliers de Canadiens d’être condamnés à une amende, et certains d’entre eux même emprisonnés », a déclaré John Carpay. « Comment pouvons-nous faire confiance à des bureaucrates pour trouver une définition respectueuse de la liberté d’expression ? »

Des opposants au projet de loi C-63 appellent les Canadiens à signer une pétition et à contacter leurs représentants élus pour exprimer leurs préoccupations. Ils estiment que cette législation représente une menace sérieuse pour les libertés fondamentales et pourrait conduire à un climat de censure et d’autocensure.

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