Publié le 14 décembre 2023 17h26. Des négociations de crise se sont ouvertes à Berlin avec la participation d’émissaires de l’administration Trump et du président Zelensky, alors que les États-Unis intensifient la pression sur Kiev pour trouver un accord de paix avec la Russie.
- Le président Zelensky a rencontré les envoyés de Donald Trump pour discuter d’une possible fin au conflit avec la Russie.
- Washington pousse Kiev à envisager des concessions territoriales, notamment en gelant la ligne de front actuelle.
- La Russie a exprimé son scepticisme quant à ces efforts diplomatiques et réaffirme ses exigences.
Une intense activité diplomatique s’est déployée à Berlin ce mercredi, avec l’arrivée de représentants de l’administration américaine et du président ukrainien Volodymyr Zelensky. L’objectif : tenter de trouver une issue au conflit qui ravage l’Ukraine depuis l’invasion russe de février 2022. L’ancien président américain Donald Trump a récemment présenté un plan de paix, critiqué pour son alignement avec les positions de Moscou, ce qui a relancé les efforts de médiation.
Volodymyr Zelensky a rencontré à la Chancellerie allemande l’envoyé spécial de Donald Trump, Steve Witkoff, ainsi que son gendre, Jared Kushner. Une vidéo diffusée par la chancellerie montre le dirigeant allemand Friedrich Merz accueillant chaleureusement la délégation ukrainienne. Sur Facebook, M. Zelensky a publié des photos de cette rencontre, qui a également rassemblé le commandant en chef de l’OTAN en Europe, le général américain Alexus Grynkewich.
« Nous voulons une paix durable en Ukraine », a déclaré Friedrich Merz sur X (anciennement Twitter). « Des questions difficiles nous attendent, mais nous sommes déterminés à aller de l’avant. Les intérêts ukrainiens sont aussi des intérêts européens. »
Le président Zelensky a indiqué être prêt à un « dialogue » pour mettre fin à la guerre, tout en soulignant son espoir d’un soutien américain à l’idée de geler la ligne de front actuelle, plutôt que de céder la région du Donbass à la Russie. « L’option la plus juste possible est de ‘rester où nous sommes’ », a-t-il déclaré lors d’une conférence de presse en ligne. « C’est vrai parce qu’il s’agit d’un cessez-le-feu… Je sais que la Russie ne voit pas cela de manière positive et j’aimerais que les Américains nous soutiennent sur cette question. »
Selon des informations rapportées par l’agence AFP, un projet américain prévoit l’adhésion de l’Ukraine à l’Union européenne dès janvier 2027. Cependant, les Européens et les Ukrainiens demandent aux États-Unis de fournir des « garanties de sécurité » avant que Kiev ne négocie des concessions territoriales.
La Russie, de son côté, se montre peu optimiste. Youri Ouchakov, conseiller du Kremlin, a exprimé des doutes quant à la constructivité des efforts déployés par l’Ukraine et l’Europe. « S’il y a des amendements pertinents, nous aurons de très fortes objections, car nous avons très clairement exposé notre position, qui, semble-t-il, était assez claire pour les Américains », a-t-il déclaré dans un message vidéo.
Parallèlement à ces négociations, l’Ukraine continue de subir des attaques russes. L’armée de l’air ukrainienne a annoncé avoir intercepté 138 drones et un missile balistique russes dans la nuit de mardi à mercredi. Un drone a touché un hôpital à Kherson, blessant deux personnes, dont une infirmière, selon l’administration régionale. Au moins 11 personnes ont également été blessées lors de frappes dans la région de Zaporizhzhia.
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