Des données radar recueillies par le rover chinois Zhurong dans la plaine d’Utopia Planitia révèlent des structures en pente de type littoral, enfouies depuis une période très ancienne d’années, fortifiant l’hypothèse d’un ancien océan boréal sur Mars.
L’histoire de l’eau sur Mars franchit un nouveau cap grâce à des analyses géologiques menées conjointement par des équipes de recherche américaines et chinoises. Publiée dans la revue Proceedings of the National Academy of Sciences (PNAS), une étude menée sous la direction de Jianhui Li, de l’université de Guangzhou en Chine, apporte des éléments structurels inédits sur l’existence d’étendues liquides géantes dans le passé lointain de la planète. L’enquête s’appuie directement sur les observations de terrain réalisées entre 2021 et 2022 par le rover Zhurong, lancé en 2020 par l’Agence spatiale nationale chinoise (CNSA).
Zhurong sonde Utopia Planitia
Pour percer les strates invisibles de la surface martienne sans creuser physiquement le sol, le rover Zhurong a employé un radar capable de sonder le sous-sol à l’aide d’échos électromagnétiques. L’engin a parcouru une ligne de mesure de 1,3 kilomètre, connue sous le nom de transect, située à la marge d’un vaste bassin d’impact de plus de 3 200 kilomètres de diamètre nommé Utopia Planitia.
Les ondes radar ont pénétré jusqu’à 100 mètres de profondeur pour cartographier les roches enfouies. Les données révèlent de nombreuses couches réfléchissantes visibles jusqu’à 30 mètres de profondeur au moins, caractérisées par une inclinaison constante vers le bassin, en s’éloignant d’une série de crêtes identifiées comme des paléorivages. La géométrie observée correspond aux sédiments côtiers formés par l’action des vagues et des marées sur Terre.
Toutes les couches inclinent également et légèrement vers le bassin, en s’éloignant de l’ancienne ligne de rivage. Cette géométrie reflète exactement la manière dont les sédiments se déposent dans les océans sur Terre.
Aaron J. Cavosie, Curtin University
Un océan martien débattu depuis les années 1970
Depuis le passage de la sonde Mariner 9 de la NASA dans les années 1970, l’idée que les plaines nordiques de Mars aient pu être immergées divise la communauté scientifique. Si les météorites martiennes témoignent d’une présence d’eau remontant à 4,5 milliards d’années, la chronologie exacte de cette eau humide reste âprement discutée.
