Polémique autour d’un procès accéléré : des juges de la Cour Suprême en voyage à l’étranger pendant l’examen de l’affaire Lee Jae-myung
Séoul – Des questions se posent sur la gestion de l’affaire impliquant Lee Jae-myung, le chef de l’opposition, après la révélation que deux juges de la Cour Suprême ont effectué des voyages d’affaires à l’étranger pendant une période cruciale de l’examen de son appel. L’affaire, relative à une infraction à la loi électorale, a été déposée le 28 mars et l’appel a été jugé le 1er mai, une rapidité d’exécution qui avait été mise en avant par la Cour Suprême elle-même.
Selon des informations divulguées par le député Seo Young-kyo du Parti Démocrate, le juge Kwon Young-joon a passé 13 jours à l’étranger, du 29 mars au 10 avril, en Australie, au Chili et aux États-Unis. Ce voyage coïncide avec le dépôt de la déclaration d’appel par l’accusation le 10 avril. La Cour Suprême justifie ce déplacement par la participation du juge Kwon à l’assemblée générale de l’Association mondiale de la Cour administrative suprême et par des échanges judiciaires. Le coût de ce voyage, incluant les frais d’accompagnement d’un autre juge, a dépassé les 50 millions de wons.
Mais le juge Kwon n’était pas le seul absent. La juge Shin Sook-hee a également effectué un voyage de 13 jours, du 7 au 19 avril, en Afrique du Sud et en Irlande, en pleine période d’audience d’appel. La Cour Suprême explique ce déplacement par une participation à une conférence de l’Association mondiale des femmes juges et par une étude du système judiciaire irlandais. Ce voyage, impliquant cinq personnes au total, a coûté plus de 70 millions de wons.
Ce qui interpelle, au-delà de la coïncidence des dates, est la communication active de la Cour Suprême autour de ces voyages. Des communiqués de presse ont été diffusés pour promouvoir ces déplacements officiels, une pratique inhabituelle qui soulève des interrogations sur la volonté de la Cour de mettre en avant ces voyages alors qu’une affaire sensible était en cours d’examen.
L’opposition dénonce un possible conflit d’intérêts et demande des explications sur l’impact de ces absences sur le traitement de l’affaire Lee Jae-myung. La Cour Suprême n’a pour l’instant pas réagi à ces accusations.
