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[에듀플러스]Une réalité scolaire avec seulement de l’administration et pas d’éducation

Publié le 4 janvier 2026 à 07h12. Le président de la Fédération coréenne des associations d'enseignants dénonce un système éducatif étouffé par la bureaucratie et un manque d'autonomie des établissements scolaires, appelant à un retour du terrain dans…

[에듀플러스]Une réalité scolaire avec seulement de l’administration et pas d’éducation

Publié le 4 janvier 2026 à 07h12. Le président de la Fédération coréenne des associations d’enseignants dénonce un système éducatif étouffé par la bureaucratie et un manque d’autonomie des établissements scolaires, appelant à un retour du terrain dans l’élaboration des politiques éducatives.

  • Les écoles coréennes disposent de marges de manœuvre budgétaires extrêmement limitées, à peine 5 % étant alloués aux dépenses de fonctionnement de base.
  • Le ministère de l’Éducation et les bureaux de l’éducation sont critiqués pour leur approche bureaucratique et leur manque de réactivité face aux besoins du terrain.
  • Le système de crédits d’études secondaires est cité comme un exemple de politique mise en œuvre sans consultation adéquate des enseignants.

Selon Kang Joo-ho, président de la Fédération coréenne des associations d’enseignants (KFTA), les écoles ne sont plus maîtres de l’éducation en Corée du Sud. Diverses institutions et organisations administratives extérieures exercent un contrôle croissant, limitant l’autonomie des établissements et réduisant leur capacité à répondre aux besoins spécifiques de leurs élèves. Le budget alloué aux écoles est particulièrement problématique : environ 70 % est consacré aux coûts de main-d’œuvre du bureau de l’éducation, 20 % aux projets du bureau, et seulement 5 % aux organisations directes comme les centres de formation. Il ne reste alors que 5 % pour les dépenses de fonctionnement de base, empêchant les écoles de concevoir et d’assumer la responsabilité de leur propre éducation.

Cette situation conduit, selon M. Kang, à une relégation des écoles au rang d’agences d’exécution de politiques décidées en dehors du terrain. Les responsabilités sont accrues, mais sans l’autorité ni les ressources nécessaires pour les assumer efficacement. Il met en garde contre un risque de recentrage de l’administration scolaire et du bien-être social au détriment de la fonction éducative elle-même. Sans une autonomie budgétaire accrue, les enseignants se retrouvent contraints de suivre des directives strictes et de produire des rapports incessants, étouffant l’innovation pédagogique.

Les questions éducatives se complexifient, avec des défis tels que la violation des droits d’enseignement, les systèmes de crédits d’études secondaires et les systèmes intégrés de soutien aux étudiants. Cependant, les voix des enseignants et des acteurs de terrain sont de plus en plus ignorées dans les processus décisionnels. Kang Joo-ho souligne que l’innovation en matière d’éducation provient rarement des bureaucrates ou des théoriciens, mais plutôt des experts qui connaissent la réalité de la salle de classe.

Il critique également la composition du personnel du ministère de l’Éducation, où seulement environ 90 des 695 employés ont une formation spécifique en éducation. Cette proportion diminue encore au niveau des postes de direction. Il dénonce une tendance à privilégier les pratiques bureaucratiques et à s’en tenir à des formules éprouvées, au détriment de l’innovation. Le ministère et les bureaux de l’éducation sont même surnommés sur le terrain « Ministère de l’obstruction à l’éducation » et « Bureau de l’obstruction à l’éducation », témoignant d’un profond mécontentement.

Le système de crédits d’études secondaires est présenté comme un exemple flagrant de cette déconnexion entre les politiques et la réalité du terrain. Malgré les avertissements des enseignants, qui estimaient à 72 % qu’il était mis en œuvre dans des conditions insuffisantes lors d’une enquête de 2021, le gouvernement a persisté dans sa mise en place sans augmenter les effectifs enseignants ni améliorer le système administratif. Cette situation a conduit au chaos dans les salles de classe, à une surcharge de travail pour les enseignants et à une expérimentation sur les élèves.

Kang Joo-ho insiste sur la nécessité de placer les enseignants au cœur de l’élaboration des politiques éducatives, en institutionnalisant une structure permettant aux experts du terrain de participer dès la phase de conception. Il appelle à une approche pragmatique, où la réalité prime sur les idéaux et la confiance sur la vitesse. Il conclut en affirmant qu’il est temps de rompre avec l’inertie et de replacer l’école au centre du système éducatif, car les politiques qui l’ignorent sont vouées à l’échec.

Kang Joo-ho, président de la Fédération coréenne des associations d’enseignants (KFTA), a été président du sous-comité du comité de la jeunesse de l’Association coréenne des enseignants et membre du comité consultatif politique. Il occupe également les fonctions de président de l’Institut coréen de recherche sur les politiques éducatives, de PDG du Korea Education Newspaper et de président du conseil d’administration de l’Association coréenne des directeurs d’école. Après avoir obtenu son diplôme de l’Université de Mokwon et une maîtrise et un doctorat de l’Université nationale de Gyeongsang, il travaille depuis 2014 comme enseignant au collège Jinju-dong de Gyeongnam. Il a été élu 40e président de l’Assemblée générale en décembre 2024, devenant le plus jeune à occuper ce poste. [email protected]

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À propos de l’auteur: Amélie Bernard

Amélie Bernard traite l’économie, les entreprises, les marchés et les transformations du travail. Son approche relie les chiffres, les décisions publiques et leurs effets dans la vie quotidienne.