Home Affaires[인터뷰]« Enquêteur épidémiologique » de détective chargé des maladies infectieuses… « Nous avons empêché la propagation en analysant l’air du climatiseur. »

[인터뷰]« Enquêteur épidémiologique » de détective chargé des maladies infectieuses… « Nous avons empêché la propagation en analysant l’air du climatiseur. »

by Amélie Bernard

Publié le 15 novembre 2025 à 21h24. Discrets mais essentiels, les enquêteurs épidémiologiques sont les premiers remparts face aux maladies infectieuses. À l’occasion du 25e anniversaire de ce corps de métier en Corée du Sud, retour sur leur rôle crucial et les défis auxquels ils sont confrontés.

  • La Corée du Sud compte aujourd’hui 282 enquêteurs épidémiologiques, formés pendant deux ans pour traquer les sources d’infection et limiter la propagation des maladies.
  • Ces experts utilisent des outils variés, des relevés de cartes de crédit aux analyses de flux d’air, pour reconstituer les chaînes de transmission et informer les politiques de santé publique.
  • Les autorités locales peinent parfois à recruter et former suffisamment d’enquêteurs, soulignant la nécessité d’un soutien accru pour garantir une réponse efficace aux futures crises sanitaires.

Depuis l’émergence du SRAS en 2003, en passant par la grippe porcine en 2009, le MERS en 2015 et plus récemment la pandémie de COVID-19, une équipe travaille dans l’ombre pour contenir les épidémies : les agents d’enquête épidémiologique (AIE), surnommés « détectives des maladies » ou « détectives des virus ». Leur mission : identifier l’origine et les modes de transmission d’une infection, puis mettre en œuvre des mesures pour freiner sa propagation.

Le système national d’AIE a été officiellement mis en place en 2000, suite à une demande croissante de réponses scientifiques et systématiques aux menaces infectieuses. Un projet pilote avait été lancé en 1999, et la loi sur la prévention des maladies infectieuses a été révisée l’année suivante pour fournir un cadre juridique solide à ces enquêtes et à ces professionnels.

Le nombre d’enquêteurs épidémiologiques a considérablement augmenté depuis les 20 médecins de santé publique qui ont constitué le premier noyau de cette équipe. On en compte désormais 282, auxquels s’ajoutent 256 stagiaires en formation. La loi sur la prévention des maladies infectieuses impose un minimum de 100 agents au niveau central, 2 agents par ville ou province, et au moins 1 agent pour les villes, comtés et districts de plus de 100 000 habitants.

La formation d’un enquêteur épidémiologique est rigoureuse et dure jusqu’à deux ans, incluant des études théoriques et une formation pratique intensive. L’Agence coréenne de contrôle et de prévention des maladies (KDCA) est responsable de la formation continue de ces experts, ainsi que des agents et gestionnaires de maladies infectieuses au niveau local. Des simulations de situations réelles sont régulièrement organisées pour maintenir un haut niveau de préparation face aux crises sanitaires.

Cette préparation intensive s’est avérée cruciale lors de la pandémie de coronavirus, où la Corée du Sud a été saluée pour son efficacité en matière de traçage des contacts et de confinement. Les enquêteurs épidémiologiques ne se contentent pas de suivre les déplacements des patients, mais prédisent également la propagation des maladies en analysant les données épidémiologiques et en tenant compte des spécificités locales.

« Afin d’identifier rapidement la source de l’infection et d’empêcher la propagation de la maladie infectieuse pendant la période dorée, il est important de suivre les sources potentielles d’infection en utilisant divers outils tels que les enregistrements de carte de crédit et les enregistrements GPS ainsi que les déclarations des patients confirmés pendant une crise de maladie infectieuse. »

Kwon Yun-hyeong, responsable du développement des capacités à l’Agence coréenne de contrôle et de prévention des maladies

Par exemple, pendant la pandémie de COVID-19, les enquêteurs ont prouvé scientifiquement la possibilité d’une transmission à longue distance en analysant les vidéosurveillances et en modélisant le fonctionnement des systèmes de climatisation, ainsi que la direction et la vitesse des flux d’air intérieurs. Ces informations ont permis d’établir des directives de ventilation et de fonder scientifiquement les politiques nationales de quarantaine.

Face à la multiplication des menaces infectieuses et à l’émergence de nouveaux virus, les autorités sanitaires soulignent la nécessité d’accroître les capacités de réponse à tous les niveaux. Les gouvernements locaux, en particulier, sont souvent confrontés à des difficultés pour recruter et former suffisamment d’enquêteurs épidémiologiques, en raison de la longueur de la formation et des exigences de qualification.

L’Agence coréenne de contrôle et de prévention des maladies prévoit de soutenir financièrement la formation de tous les stagiaires afin de les aider à obtenir leur certification. À plus long terme, elle s’engage à renforcer le cadre juridique et institutionnel pour permettre le déploiement progressif d’enquêteurs épidémiologiques dans les villes, comtés et districts de moins de 100 000 habitants.

« Nous prévoyons d’élargir progressivement le domaine d’activité des enquêteurs épidémiologiques, qui sont au centre des maladies infectieuses, afin de pouvoir répondre à diverses crises de santé publique telles que les maladies chroniques et les catastrophes à l’avenir. »

Kwon Yun-hyeong, responsable du développement des capacités à l’Agence coréenne de contrôle et de prévention des maladies

L’objectif est de faire des enquêteurs épidémiologiques des acteurs clés de la prévention et de la gestion de toutes les crises sanitaires, contribuant ainsi à la sécurité et au bien-être de la population.

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