Home Santé10 évolutions dont parle le monde scientifique en 2025

10 évolutions dont parle le monde scientifique en 2025

by Sophie Martin

Publié le 31 décembre 2025 à 08h00. L’année 2025 a été marquée par des avancées scientifiques majeures, mais aussi par des tensions croissantes autour du financement de la recherche et de son rôle dans la société, notamment aux États-Unis sous le second mandat de Donald Trump.

  • La transplantation d’un rein de porc génétiquement modifié chez l’homme a franchi une étape importante, offrant un espoir aux patients en attente de greffe.
  • Le second mandat de Donald Trump a été caractérisé par des coupes budgétaires drastiques dans le financement de la science et une politisation accrue de la recherche.
  • Les progrès scientifiques ont soulevé de nouvelles questions éthiques et des défis en matière de responsabilité, allant de la transplantation d’organes à l’intelligence artificielle.

L’année 2025 a vu la science occuper une place centrale dans les débats publics, oscillant entre promesses d’innovations et inquiétudes face à leurs implications. Des laboratoires aux sphères politiques et économiques, en passant par les considérations éthiques et le quotidien des citoyens, la science a été au cœur des enjeux de l’année.

Aux États-Unis, le second mandat de Donald Trump a profondément modifié le paysage de la recherche. La politique scientifique a subi des perturbations sans précédent, avec des interventions politiques ciblant les universités et la liberté académique. Michael Kratsios, nommé chef du Bureau de la politique scientifique et technologique de la Maison Blanche, a mis en œuvre quatre réformes majeures, dont le décret « Gold Standard Science », la centralisation des fonds fédéraux, le plan d’action sur l’intelligence artificielle et le projet Genesis. Ces mesures ont soumis l’académie à un contrôle politique strict tout en favorisant les investissements du secteur privé.

Les coupes budgétaires ont eu des conséquences directes sur le monde universitaire. La National Science Foundation et les National Institutes of Health ont dû adapter leurs méthodes de dépenses en raison de l’incertitude financière. Une fermeture du gouvernement de 43 jours, des plafonds de dépenses universitaires et une nouvelle taxe sur les dons ont accru la pression financière sur l’enseignement supérieur. Les étudiants et les jeunes chercheurs ont été particulièrement touchés, avec une réduction des quotas de doctorat et des politiques anti-immigration et anti-DEI menaçant leur carrière. Le nombre d’étudiants internationaux aux États-Unis a diminué de 17 % à l’automne 2025.

L’éphémère Département de l’efficacité gouvernementale (DOGE), fondé sous l’influence d’Elon Musk et rapidement dissous, a également laissé sa marque. Plus de 200 000 fonctionnaires ont quitté leur emploi en raison des politiques d’austérité mises en œuvre par Russell Vought, suscitant des inquiétudes quant à un affaiblissement à long terme de l’infrastructure scientifique américaine.

Parallèlement à ces tensions politiques, des avancées scientifiques majeures ont été réalisées. La transplantation d’un rein de porc génétiquement modifié chez l’homme a représenté une étape cruciale dans la lutte contre la pénurie d’organes. En janvier 2025, Tim Andrews a reçu un rein de porc pour la quatrième fois aux États-Unis. Il a vécu un nombre record de 271 jours avec l’organe transplanté, avant que celui-ci ne cesse de fonctionner en octobre. Malgré cet échec, Andrews a pu bénéficier de la dialyse pendant cette période et est devenu un symbole d’espoir pour les patients en attente de greffe. Le New York Times a consacré un reportage à son parcours.

L’approbation par la Food and Drug Administration des États-Unis d’essais de transplantation de rein de porc, dans le cadre de « l’usage compassionnel », a ouvert la voie à ces développements. Ce mécanisme permet aux patients atteints de maladies potentiellement mortelles et n’ayant aucune autre option d’accéder à des traitements expérimentaux. Des scientifiques chinois ont également annoncé avoir réussi à greffer une partie de foie de porc sur un humain pendant 38 jours.

En 2025, la science a donc été à la fois source d’espoir et de préoccupations, témoignant de son pouvoir transformateur et de la nécessité d’une réflexion éthique et responsable sur ses implications.

You may also like

Leave a Comment