Le 20 mai 2026, le lancement de la quatrième édition d’Itinér’Air à Paris a mis en lumière l’ampleur de la bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO). En France, des millions de personnes souffrent sans le savoir, illustrant une crise de santé publique où le dépistage précoce reste le défi majeur pour éviter l’insuffisance respiratoire.
L’ampleur invisible de la BPCO en France
La bronchopneumopathie chronique obstructive est une pathologie qui progresse dans l’ombre. Si certains indicateurs estiment que la maladie touche 3,5 millions de Français, d’autres données suggèrent que plus de 7 millions de personnes sont concernées par l’asthme ou la BPCO. Le plus inquiétant demeure le volume de cas non identifiés : selon les rapports récents, environ 2,5 millions de Français atteints de BPCO ne sont pas diagnostiqués.

Cette absence de diagnostic transforme une maladie gérable en un véritable danger vital. Le caractère silencieux de la pathologie permet aux patients de continuer leurs activités quotidiennes pendant que leurs poumons se dégradent, souvent sans qu’ils ne fassent le lien entre leurs symptômes et une maladie chronique.
Itinér’Air : une offensive nationale pour le dépistage
Pour répondre à cette urgence, l’initiative Itinér’Air a lancé sa quatrième édition, un véritable tour de France dédié à la sensibilisation des maladies du souffle. Ce programme national est soutenu par des organisations clés telles qu’Asthme & Allergies, Droit à Respirer, la FFAAIR et Santé Respiratoire France.

L’objectif est clair : faire de la prévention respiratoire une priorité absolue. Les organisateurs s’attaquent à un manque de connaissance flagrant, puisque 52 % des Français de plus de 18 ans n’ont jamais entendu parler de la spirométrie, le test de référence pour mesurer la capacité pulmonaire.
“La prévention est la première étape d’un meilleur parcours de soins.
La tournée se déploiera à travers plusieurs étapes stratégiques en 2026 :
- 3 et 4 juin : Blois
- 24 et 25 juin : Toulouse
- 22 au 24 juillet : Bayonne
- 14 et 15 octobre : Reims
- 2 et 3 décembre : Rouen
Spirométrie et tests de monoxyde de carbone : l’arsenal de prévention
Le dépistage sur le terrain, comme celui mis en place récemment à l’hôpital de Bagnols-sur-Cèze, permet de briser le cycle du sous-diagnostic. Lors de cette action de sensibilisation, des infirmières spécialisées ont proposé des tests gratuits pour identifier les risques précoces.
Selon les précisions apportées par Midi Libre, deux outils ont été mobilisés pour évaluer la santé des patients :
- Le test de monoxyde de carbone (CO-testeur) : il mesure l’intoxication dans les poumons en quelques secondes par simple expiration.
- Le spiromètre : il mesure le souffle pour dépister précisément l’asthme ou la BPCO.
L’enjeu est de ne pas laisser les symptômes s’installer.
“Le problème avec cette maladie, c’est qu’on peut vivre avec pendant des années sans s’en rendre compte. Le corps s’adapte.
Si un problème est détecté, la prise en charge peut inclure la prescription de substituts nicotiniques et une orientation immédiate vers un pneumologue. Sans cette intervention, la maladie peut évoluer vers une insuffisance respiratoire irréversible.
L’urgence sanitaire en Algérie : un défi de santé publique mondial
La problématique de la BPCO dépasse largement les frontières françaises et s’inscrit dans une crise sanitaire mondiale. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) classe la BPCO comme la troisième cause de décès dans le monde, avec près de 3,5 millions de décès recensés en 2021, soit environ 5 % de la mortalité mondiale.

En Algérie, les experts alertent sur un phénomène similaire de banalisation des symptômes. Comme le rapporte Algerie360, une simple toux ou un essoufflement sont trop souvent attribués à tort au tabagisme ou au vieillissement.
Les données scientifiques soulignent la gravité de la situation locale :
| Indicateur | Donnée observée |
|---|---|
| Mortalité mondiale (2021) | 3,5 millions de décès |
| Prévalence à Alger (>40 ans) | Environ 9,2 % |
| Rang mondial (mortalité) | 3ème cause de décès |
Des spécialistes, dont le Pr Rachida Khelafi du CHU de Beni Messous, plaident pour la création d’un registre national afin de mieux cartographier l’ampleur réelle de la maladie. La lutte contre la BPCO repose sur un triptyque indissociable : l’arrêt du tabac, la vaccination (grippe et pneumocoque) et le maintien d’une activité physique régulière.
La reconnaissance des signes avant-coureurs — toux chronique, expectorations, respiration sifflante et fatigue persistante — reste l’unique rempart efficace pour ralentir une progression qui, une fois installée, demeure irréversible.
Note : Si vous présentez des symptômes respiratoires persistants, consultez votre professionnel de santé.
