Publié le 2023-12-07 00:00:00. À l’occasion de la Journée mondiale de lutte contre le sida, une nouvelle campagne de sensibilisation, « moVIHe », met en lumière les réalités humaines du VIH et s’attaque aux stigmates persistants qui entravent la prévention et le dépistage.
- Près de 40 millions de personnes vivent avec le VIH dans le monde, et environ 11 000 personnes en France ignorent leur séropositivité.
- Le projet « moVIHe », porté par l’association RIS avec le soutien de Gilead Sciences, présente trois courts métrages basés sur les témoignages de 14 participants.
- Les progrès thérapeutiques permettent aux personnes séropositives de vivre longtemps et en bonne santé, mais la stigmatisation reste un obstacle majeur.
La Journée mondiale de lutte contre le sida, commémorée le 1er décembre, rappelle l’importance de la lutte contre le VIH, une infection qui continue de représenter un défi de santé publique à l’échelle mondiale. Selon les estimations, près de 40 millions de personnes vivent actuellement avec le virus. En France, environ 3 200 nouveaux cas sont diagnostiqués chaque année, et on estime qu’environ 11 000 personnes ignorent leur séropositivité. Ce chiffre souligne la nécessité de renforcer les efforts de dépistage précoce et de combattre la stigmatisation et l’ignorance qui entourent cette maladie.
Cette semaine, à Madrid, a été présentée une initiative originale visant à changer le regard sur le VIH : « moVIHe », une expérience sociale dirigée par le Dr. Inmaculada Jarrín, et menée en collaboration avec l’association RIS, avec le soutien de Gilead Sciences. Le projet s’appuie sur les témoignages poignants de 14 personnes vivant avec le VIH, qui ont donné lieu à la création de trois courts métrages. L’objectif est de proposer une vision plus actuelle, plus humaine et plus rigoureuse de la réalité du VIH à l’ensemble de la société.
« moVIHe est né d’un désir profond de susciter un dialogue social plus informé, plus honnête et débarrassé des préjugés, et de contribuer à une véritable compréhension du VIH, en accord avec les avancées scientifiques actuelles », explique le Dr. Jarrín, de l’Association RIS et directrice du projet. Elle souligne que la stigmatisation et la discrimination associées au VIH et au sida restent malheureusement très présentes. « Nous sommes convaincus que la combinaison de l’information et de l’empathie est essentielle pour mettre fin à cette stigmatisation », ajoute-t-elle.
Les courts métrages abordent des thèmes cruciaux tels que la prévention et le diagnostic, et encouragent le public à se faire dépister. Le dépistage est accessible dans les pharmacies, les centres de soins primaires, les hôpitaux et les associations communautaires, où des tests rapides et gratuits sont proposés. Il existe également des autotests, disponibles à domicile, qui permettent d’obtenir un résultat en vingt minutes grâce à un simple prélèvement salivaire ou une petite piqûre au doigt.
Grâce aux progrès considérables réalisés dans les traitements, les personnes séropositives peuvent désormais vivre longtemps et en bonne santé. Les médicaments développés ces dernières décennies offrent des résultats exceptionnels : la majorité des patients traités atteignent une charge virale indétectable, ce qui signifie qu’ils ne peuvent plus transmettre le virus et ne développent pas la maladie. Le défi actuel réside dans deux domaines principaux. D’une part, il faut adapter le système de santé pour répondre aux besoins d’une population vieillissante vivant avec le VIH, en intégrant par exemple des psychologues dans les unités de soins et en facilitant l’accès aux médicaments en dehors des hôpitaux. D’autre part, il est impératif de continuer à lutter contre la stigmatisation persistante qui entoure la maladie.
Lutter contre la désinformation
La désinformation en matière de santé constitue un autre obstacle majeur. Il est donc essentiel de rappeler que le VIH ne touche pas uniquement la communauté homosexuelle. En réalité, la moitié des diagnostics tardifs sont posés chez des personnes hétérosexuelles. Le mythe d’un lien entre promiscuité, VIH et autres infections sexuellement transmissibles est également tenace : il est important de savoir que toute personne ayant une activité sexuelle est potentiellement exposée. Récemment, une fausse information a circulé sur les réseaux sociaux, suggérant que les personnes indétectables pouvaient transmettre le virus, une allégation totalement infondée.
Les participants aux courts métrages « moVIHe » ont insisté sur l’importance de la prévention et du diagnostic précoce. Ils ont également souligné l’impact négatif de la stigmatisation sur la santé mentale des personnes séropositives, expliquant que celle-ci peut conduire à l’isolement, à l’arrêt des relations sexuelles, au non-respect du traitement, voire à des idées suicidaires. C’est pourquoi il est crucial de parler ouvertement du VIH, d’aborder les questions de santé mentale et de prendre en compte les comorbidités. Des initiatives comme « moVIHe » sont essentielles pour mettre en lumière cette réalité souvent cachée et la normaliser.
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