Publié le 1er novembre 2025 08:21:00. Une comète venue de l’extérieur de notre système solaire, baptisée 3I/Atlas, suscite l’intérêt des scientifiques en raison de sa composition inhabituelle et de sa trajectoire unique, offrant une fenêtre rare sur d’autres systèmes stellaires.
- La comète 3I/Atlas a été détectée en juillet 2025 par le système d’alerte ATLAS.
- Son orbite hyperbolique indique qu’elle ne fait pas partie de notre système solaire.
- Les premières analyses révèlent une forte concentration de glaces de dioxyde de carbone, différente des comètes habituelles.
La comète 3I/Atlas est un visiteur exceptionnel : un corps céleste originaire d’un autre système stellaire, suivant une trajectoire hyperbolique qui la propulse à travers notre voisinage cosmique avant de reprendre son voyage vers l’espace interstellaire. Sa découverte offre aux scientifiques une occasion précieuse d’étudier la composition et les caractéristiques d’objets provenant d’autres mondes, bien au-delà de notre propre système solaire.
Repérée le 1er juillet 2025 par le système de surveillance télescopique d’alerte d’impact terrestre d’astéroïdes (ATLAS) au Chili, la comète s’est rapidement distinguée par sa vitesse, sa direction et son orbite atypiques. Ces éléments ont confirmé qu’elle ne pouvait pas être un objet lié au Soleil, se déplaçant à une vitesse élevée et suivant une trajectoire incompatible avec les corps célestes de notre système. Il s’agit du troisième objet interstellaire identifié à ce jour, après 1I/Reds en 2017 et 2I/Borisov en 2019.
Ce qui rend 3I/Atlas particulièrement intéressante, c’est sa composition. Les observations réalisées grâce à des instruments avancés, dont le télescope spatial James Webb et d’autres télescopes terrestres, ont révélé une proportion exceptionnellement élevée de glaces de dioxyde de carbone (CO₂) par rapport à l’eau. La présence d’eau sous forme de vapeur, de monoxyde de carbone et d’autres substances volatiles a également été détectée.
Selon Rodrigo Díaz, physicien et spécialiste des données astronomiques, ces caractéristiques suggèrent que la comète s’est formée dans un environnement très différent de celui des comètes de notre système solaire :
« Ces comètes tournent autour du Soleil, traçant leur chemin à travers le système solaire. De temps en temps, l’une d’entre elles dévie et s’approche de la Terre, poussée en partie par la gravité de Jupiter, et c’est là qu’on peut la voir, à l’œil nu. »
Rodrigo Díaz, physicien et spécialiste des données astronomiques
L’orbite hyperbolique de 3I/Atlas signifie qu’elle ne sera pas capturée par le Soleil et poursuivra son voyage vers l’espace après son passage. Son périhélie, le point de son orbite le plus proche du Soleil, est prévu pour le 30 octobre 2025, à une distance d’environ 1,4 unité astronomique (210 millions de kilomètres). Son approche la plus proche de la Terre est estimée à 1,8 unité astronomique (environ 270 millions de kilomètres), ce qui exclut tout risque pour notre planète.
Les scientifiques espèrent observer en détail l’évolution de l’activité de la comète à l’approche de son périhélie, notamment l’augmentation de l’émission de gaz et de poussières, le développement de sa queue et son interaction avec le rayonnement solaire. Des mesures et un suivi seront effectués à partir d’orbites spatiales et de télescopes terrestres afin de comparer son comportement avec celui des comètes de notre système solaire.
Pour Romina Miculán, diplômée en astronomie et analyste d’applications scientifiques au Service d’hydrographie navale du ministère de la Défense (Observatoire naval de Buenos Aires), l’étude de ces comètes est essentielle pour comprendre la formation des systèmes planétaires :
« Les comètes sont des objets très intéressants pour étudier comment se forment les systèmes planétaires. Ce sont des vestiges primitifs de la formation d’un système, elles agissent donc comme des pièces qui nous permettent de comprendre l’histoire et l’évolution de systèmes complètement différents du nôtre. »
Romina Miculán, diplômée en astronomie et analyste d’applications scientifiques
Bien que l’explication la plus probable soit celle d’une comète d’origine naturelle, expulsée de son système stellaire par des interactions gravitationnelles, des spéculations plus audacieuses ont émergé, suggérant qu’il pourrait s’agir d’un objet artificiel. Cependant, les experts soulignent que des études plus approfondies de sa composition seront nécessaires pour confirmer ou infirmer ces hypothèses.
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