Publié le 17 décembre 2025 à 09h07. La santé mentale des jeunes est une préoccupation croissante, mais il est souvent difficile de savoir comment la définir et comment identifier les signes de détresse. Des objectifs simples et un soutien familial peuvent aider les enfants et les adolescents à s’épanouir.
- Il est essentiel d’aider les enfants à développer une relation saine avec eux-mêmes, en identifiant leurs forces et leurs intérêts.
- Tenir un journal peut être un outil précieux pour explorer les émotions et les expériences.
- Prioriser les soins personnels, tels qu’un sommeil suffisant et une alimentation équilibrée, est crucial pour le bien-être émotionnel.
Comprendre la santé mentale d’un enfant ou d’un adolescent nécessite d’observer son fonctionnement et son comportement dans son environnement, explique Linda Pinon, thérapeute clinicienne à la santé comportementale de l’Université de Loma Linda. Selon elle, les signes de détresse peuvent se manifester de différentes manières : physiquement, émotionnellement ou mentalement.
Une santé mentale fragilisée se manifeste différemment chez chaque enfant. Cependant, certains schémas doivent alerter les parents et les éducateurs. Si elle n’est pas prise en charge, une mauvaise santé mentale peut s’aggraver et conduire, dans les cas les plus graves, à des comportements à risque tels que l’automutilation, des idées suicidaires, des troubles de l’alimentation ou des fugues.
Pour soutenir la santé mentale des jeunes, il est important de fixer des objectifs réalistes et adaptés à leur développement. Voici cinq pistes à explorer avec les enfants et les adolescents :
1. Construire une relation solide avec soi-même
Un manque de confiance en soi ou une faible estime de soi peuvent rendre difficile pour un enfant la compréhension de son identité, ce qui peut entraîner de l’anxiété. « Lorsque les enfants ne se sentent pas en sécurité dans leur environnement, dans leur système familial ou dans leur identité, cela peut entraîner une inquiétude accrue, une mauvaise estime de soi et un manque de motivation », explique Linda Pinon.
Pour aider un enfant à développer une relation saine avec lui-même, il est important de l’encourager à identifier ses forces et ses intérêts – qu’il s’agisse d’aider les autres, d’être gentil, de pratiquer un loisir, un sport ou une activité créative. « Au fil du temps, le fait de recadrer constamment les schémas de pensée négatifs, d’établir des routines et de rappeler quotidiennement leurs points forts aide les enfants et les adolescents à comprendre qui ils sont et il devient plus facile de construire une relation avec eux-mêmes », précise la thérapeute.
2. Journalisation
L’adolescence est une période de questionnement et d’incertitude, souvent exacerbée par la comparaison avec les pairs. Il est normal et sain pour les jeunes de se remettre en question et de douter de leur identité. « Un objectif utile est de tenir un journal quotidien, qui permet aux enfants et aux adolescents d’explorer leurs sentiments et de réfléchir à leurs expériences de manière structurée et encourageante », souligne Linda Pinon.
La tenue régulière d’un journal peut aider les enfants à explorer leurs émotions, à identifier des schémas et à mettre des mots sur leurs sentiments.
3. Donner la priorité aux soins personnels
Les soins personnels, incluant un sommeil suffisant, une alimentation équilibrée, une bonne hygiène et une limitation du temps d’écran, ont un impact significatif sur le bien-être émotionnel et sont souvent négligés. Linda Pinon encourage les familles à rendre les routines de soins personnels plus accessibles, par exemple en créant une routine apaisante au coucher incluant une activité agréable, une collation ou un bain relaxant.
Lorsque les enfants prennent soin d’eux-mêmes, ils se sentent souvent plus confiants, plus énergiques et plus positifs.
4. Créer une structure et une routine
Les routines et la structure jouent un rôle important pour aider les enfants et les adolescents à se sentir ancrés et soutenus. « Les routines offrent de la prévisibilité et un sentiment de sécurité, en particulier pour les enfants qui ressentent déjà un manque de contrôle sur leur vie », explique Linda Pinon.
Impliquer les enfants dans la planification de leur routine hebdomadaire ou quotidienne peut les aider à se sentir responsables et à reprendre le contrôle. Des routines simples, comme prendre le petit-déjeuner ensemble ou échanger quelques mots le matin, peuvent contribuer à créer une atmosphère positive.
Aller à l’école reste une routine quotidienne essentielle, et de petites attentions, comme préparer une collation préférée ou planifier des activités après l’école, peuvent donner aux enfants quelque chose d’attendu.
5. Renforcer les liens familiaux
Un soutien familial constant, par le biais de conversations régulières, de promenades ou de repas partagés, contribue à établir la confiance et à créer un espace sûr pour aborder des sujets difficiles. « De nombreux adolescents disent qu’ils apprécient toujours que leurs parents prennent de leurs nouvelles, même s’ils peuvent parfois sembler réticents », observe Linda Pinon.
Organiser des activités familiales, comme des soirées jeux, des soirées cinéma ou des sorties, peut également renforcer les liens.
Quand demander l’aide d’un professionnel
Des signes persistants d’isolement, une baisse des résultats scolaires, des problèmes de comportement à la maison ou à l’école, un manque de contact visuel ou une perte d’intérêt pour des activités autrefois appréciées peuvent indiquer qu’un enfant ou un adolescent a besoin d’une aide professionnelle.
« Ignorer les préoccupations actuelles en les attribuant à de simples comportements d’adolescent peut conduire à passer à côté de signes avant-coureurs indiquant qu’un adolescent pourrait bénéficier d’une thérapie », avertit Linda Pinon.
Si ces signes inquiétants persistent pendant six mois ou plus, il est peut-être temps de consulter un professionnel.
