Les enseignants du Collège Saint-Barthélemy à Liège ont exprimé leur mécontentement face à une augmentation de leur charge de travail sans compensation salariale, en organisant une action de sensibilisation originale : la correction de copies en pleine rue. Cette mobilisation vise à alerter l’opinion publique et les parents d’élèves sur la dégradation des conditions de travail dans l’enseignement.
« J’ai 30 ans de carrière derrière moi et je n’ai jamais été aussi dégoûtée de ce qui nous attend », déplore Françoise Declercq, professeure de mathématiques. « Je vais devoir assurer deux heures de cours supplémentaires par semaine, sans compter le temps de préparation, pour le même salaire. Mais ces deux heures de plus pour moi, c’est deux heures de moins pour un jeune collègue dont l’avenir professionnel est menacé. » Elle insiste : « On ne se bat pas pour nos petites personnes, mais pour un métier passion qui ne cesse d’être dégradé par le politique. »
L’action vise également à dénoncer une logique de compétition instaurée entre les enseignants. Johanne Jamaer, professeure de français du secondaire, regrette que « on nous monte les uns contre les autres. On nous parle d’équité entre les degrés, mais ce n’est pas parce que j’ai 22 heures de cours que j’envie le supérieur, qui n’en a ‘que’ 20 ». Elle ajoute : « Être jaloux de ses collègues, parfois devenus des amis, ce n’est pas la vision que j’ai d’une école saine. »
Selon les participants, une véritable concertation et une prise en compte des réalités du terrain sont indispensables. Ils estiment que l’avenir de l’enseignement mérite mieux que des « fausses disputes de bac à sable ». Soixante-dix personnes avaient initialement prévu de participer à cette action de sensibilisation.
En corrigeant leurs copies en public, les enseignants du Collège Saint-Barthélemy espèrent ainsi interpeller les passants et les parents d’élèves sur les enjeux cruciaux auxquels l’enseignement est confronté.
