Rome, le 24 septembre 2025 – Une vaste enquête révèle que 85 % des Italiens présentent des problèmes bucco-dentaires, mais ignorent largement le lien crucial entre la santé de la bouche et les maladies systémiques. Face à ce constat, un premier comité scientifique multidisciplinaire dédié à la santé bucco-dentaire et systémique a été lancé au Sénat, marquant une étape inédite en Italie.
- Près de 85 % des Italiens souffrent de problèmes de gencives ou dentaires.
- La majorité des citoyens sous-estiment le lien entre la santé bucco-dentaire et les maladies chroniques.
- Un nouveau comité scientifique multidisciplinaire a été créé pour faire de la prévention une priorité nationale.
L’étude, menée par l’Observatoire d’hygiène bucco-dentaire Nomisma et la Fondation ReS, met en lumière un décalage préoccupant entre la prévalence des problèmes bucco-dentaires et la prise de conscience de leur impact sur la santé globale. Les maladies des gencives sont ainsi associées à un risque accru de diabète, de maladies cardiovasculaires (crises cardiaques et accidents vasculaires cérébraux), de maladies neurodégénératives comme la maladie d’Alzheimer, de polyarthrite rhumatoïde et de complications pendant la grossesse.
Ce constat a conduit à la création, sous l’égide de la Fédération italienne des sociétés médico-scientifiques (Fism), d’un comité permanent réunissant institutions, sociétés scientifiques, cliniciens, chercheurs et les universités de Rome Sapienza et de l’Università Cattolica del Sacro Cuore. Le professeur Enrico Gherlone, conseiller du ministre de la Santé pour la médecine dentaire, assure la coordination scientifique de ce groupe de travail.
L’objectif affiché est clair : faire de la prévention des maladies bucco-dentaires une priorité de santé publique et sensibiliser le public au rôle de la bouche comme indicateur précoce de l’état de santé général. Le projet, soutenu financièrement par Procter & Gamble dans le cadre de l’initiative « Dans Bocca alla Salute », s’appuie sur des preuves scientifiques solides démontrant l’impact systémique de la santé bucco-dentaire, un domaine souvent négligé par le système de santé national.
La bouche constitue une véritable porte d’entrée pour l’organisme. L’accumulation de plaque dentaire et l’inflammation des gencives favorisent la prolifération de bactéries pathogènes, telles que Porphyromonas gingivalis, qui libèrent des toxines pouvant se propager dans tout le corps et contribuer au développement de maladies chroniques.
L’enquête Nomisma-ReS révèle toutefois un niveau de sensibilisation alarmant : 88 % des Italiens ignorent le lien entre l’hygiène bucco-dentaire et les troubles cognitifs, 74 % celui du diabète et 49 % celui des maladies cardiovasculaires. Seul 63 % des personnes atteintes de maladies systémiques déclarent avoir reçu des informations sur une possible corrélation avec leur santé bucco-dentaire, et ces informations proviennent le plus souvent de leur dentiste.
Malgré les recommandations claires des autorités sanitaires – se brosser les dents au moins trois fois par jour, utiliser du fil dentaire et un dentifrice fluoré, effectuer des contrôles réguliers – les habitudes réelles sont bien différentes. Un seul Italien sur quatre utilise une brosse à dents électrique, 27 % utilisent du fil dentaire et 40 % ont renoncé à des visites ou des traitements dentaires, souvent pour des raisons financières.
Investir dans la prévention pourrait néanmoins générer des économies significatives. Selon les estimations de Nomisma et de la Fondation ReS, une simple réduction de l’incidence des pathologies systémiques liées à une mauvaise hygiène bucco-dentaire – un cas sur mille – pourrait permettre une économie annuelle d’environ 25,7 millions d’euros pour le Service National de Santé.
Le comité scientifique multidisciplinaire a pour mission de promouvoir des politiques de santé dédiées, de collaborer avec le ministère de la Santé et de mettre à jour et diffuser les recommandations nationales.
« La prévention commence par la bouche, qui est notre porte d’entrée. »
Elena Murelli, sénatrice et promotrice de l’initiative
La sénatrice Murelli a souligné le rôle du dentiste dans la détection précoce de maladies systémiques, y compris certaines maladies auto-immunes comme la maladie cœliaque.
« Investir dans la santé bucco-dentaire, c’est prévenir les maladies chroniques et dégénératives, très coûteuses pour le NHS, et assurer la pérennité du système. »
Loreto Gesualdo, président du Fism
Le professeur Antonio Gasbarrini, directeur scientifique de la Polyclinique Gemelli, a quant à lui insisté sur le rôle clé du microbiote buccal comme nouvel indicateur de santé et outil prédictif potentiel de diverses pathologies.
La création de ce comité marque le début d’une démarche structurée visant à placer la santé bucco-dentaire au cœur des politiques de prévention et à en faire un pilier du bien-être général de la population.