Publié le 2025-10-10 13:55:00. Des oublis mineurs au quotidien ? Des experts en neurosciences dévoilent des stratégies simples, validées scientifiquement, pour stimuler la mémoire et prévenir le déclin cognitif, en s’appuyant sur les recherches de l’Institut national sur le vieillissement.
Perdre ses clés, oublier le nom d’un voisin, ne plus se souvenir de l’endroit où l’on a garé sa voiture… Ces situations sont banales et ne doivent pas nécessairement alarmer. Selon des spécialistes, il existe des moyens accessibles pour améliorer sa mémoire et réduire ces petits oublis.
La neuroscientifique Lisa Genova, titulaire d’un doctorat en neurosciences de l’Université Harvard, et le neurologue Shae Datta, co-directeur du département de neurosciences cognitives à l’NYU Langone Health aux États-Unis, ont mis en avant des stratégies pratiques pour renforcer la santé cérébrale et la capacité de mémorisation. Ces techniques s’appuient notamment sur les travaux de l’ Institut national sur le vieillissement (NIA), une institution scientifique américaine.
L’une des clés réside dans l’attention.
« On ne peut pas créer un souvenir si l’on ne prête pas attention à l’endroit où l’on pose son téléphone ou au nom d’une personne. »
Lisa Genova, neuroscientifique
Prendre le temps d’enregistrer mentalement une action peut faire toute la différence.
Les souvenirs liés aux émotions, qu’elles soient positives ou négatives, sont également plus facilement ancrés. Il est plus facile de se souvenir du nom d’un chien qui nous apporte de la tendresse que de celui de son propriétaire, par exemple. Associer une émotion à une information, comme lier le nom d’un voisin à l’admiration pour son jardin, peut faciliter sa rétention.
Une autre technique efficace consiste à intégrer les informations sensorielles. Visualiser, imaginer ou associer des images marquantes renforce la mémoire. Si l’on cherche à retenir un nom de famille comme Boulanger, l’imaginer avec un rouleau à pâtisserie ou en train de sentir le pain frais peut s’avérer utile. Écrire ou dessiner les informations contribue également à les fixer.
Créer plusieurs voies d’accès à l’information renforce également la mémoire. Les noms propres sont comparables à des impasses dans le cerveau, tandis que les noms communs sont des voies multiples. Associer un nom à diverses informations ou caractéristiques crée différentes connexions neuronales, qui peuvent protéger contre la maladie d’Alzheimer.
L’apprentissage de nouvelles activités ou compétences stimule le cerveau et encourage la création de nouvelles connexions neuronales. Se lancer dans un nouveau passe-temps ou apprendre une langue étrangère aide à maintenir un cerveau flexible et actif.
Le bien-être physique et mental joue également un rôle crucial.
« Améliorer la mémoire, c’est comme entraîner un muscle. »
Shae Datta, neurologue
Un sommeil de qualité, une alimentation équilibrée et une activité physique régulière favorisent la circulation sanguine cérébrale. À l’inverse, le stress, le manque de repos et les carences nutritionnelles peuvent nuire à la mémoire.
La méditation et la gestion du stress sont donc fondamentales. Le stress chronique perturbe les processus mentaux et nuit à la clarté de la pensée. Des pratiques comme le yoga ou la méditation aident à maintenir un esprit équilibré.
Dormir entre sept et neuf heures par nuit est essentiel pour consolider les souvenirs et éliminer les déchets cérébraux liés aux maladies neurodégénératives. Le manque de sommeil ralentit le cortex préfrontal, entravant la concentration et la création de nouveaux souvenirs.
Une alimentation équilibrée est également primordiale. Datta recommande notamment le régime MIND, riche en légumes, fruits, céréales complètes et noix, pour ses effets bénéfiques sur la mémoire et la cognition.
Enfin, l’exercice physique régulier profite à la fois au corps et à l’esprit. Genova souligne qu’un mode de vie sédentaire augmente le risque de maladie d’Alzheimer et accroît le stress, tandis qu’une activité physique quotidienne améliore la qualité du sommeil et la santé cérébrale.
Il est important de distinguer les oublis normaux des signes avant-coureurs de troubles plus graves. Oublier où l’on a posé son téléphone est courant, mais ne plus se souvenir de la route pour se rendre dans un lieu familier ou de la voiture que l’on conduit peut signaler un problème plus profond.
Face aux oublis du quotidien, il est recommandé de ne pas s’inquiéter et d’utiliser des outils simples comme des listes ou des rappels. Grâce à ces stratégies, validées par l’Institut national sur le vieillissement, il est possible de renforcer sa mémoire et de garder son esprit vif plus longtemps.
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