- Publicité –
Du delta du Niger à Lamu, de Johannesburg à Dakar, les communautés à travers l’Afrique se sont jointes aux mobilisations mondiales, envoyant un message clair : l’Afrique ne sera pas une zone de sacrifice pour les combustibles fossiles.
Dans le cadre de plus de 600 actions dans plus de 85 pays à travers le monde, dont plus de 100 en Afrique, des milliers de personnes ont rejeté l’expansion des combustibles fossiles, la corruption et la capture des entreprises, tout en promouvant les solutions dont l’Afrique a besoin : énergie renouvelable communautaire, souveraineté alimentaire, démocratie et dignité.
De Nairobi, où un carnaval a animé les rues avec de la musique, des costumes et des bannières appelant à la fin du colonialisme des combustibles fossiles, à Johannesburg, où travailleurs, jeunes et croyants ont marché ensemble, reliant le coût de la vie à l’injustice énergétique, en passant par Cotonou, où des artistes ont transformé les espaces publics en performances puissantes contre le pétrole et le gaz, les Africains ont démontré une résistance et une créativité remarquables. Ces mobilisations ont souligné que la lutte pour la justice climatique ne concerne pas seulement la survie, mais aussi la reconquête de la culture, de la communauté et de l’espoir.
Ces mobilisations interviennent à un moment crucial. Les dirigeants mondiaux se réuniront à l’Assemblée générale des Nations Unies en septembre, seulement six semaines avant la COP30 à Belém, au Brésil – un sommet qui déterminera si le monde parviendra à maintenir l’objectif de limiter le réchauffement à 1,5 °C.
À travers l’Afrique, les communautés ont clairement exprimé que le colonialisme des combustibles fossiles doit cesser, que les pollueurs doivent payer leur dette climatique et que l’avenir réside dans des systèmes d’énergie renouvelable décentralisés et locaux.
Les actions ont lié la crise climatique aux difficultés quotidiennes liées à l’insécurité alimentaire, à la pauvreté énergétique, au chômage et à la réduction de l’espace civique, démontrant que la justice climatique est indissociable de la démocratie, des droits de l’homme et de la paix.
Regina Baiden, directrice régionale Afrique de 350.org, a déclaré : « L’Afrique est en première ligne d’une crise qu’elle n’a pas créée, mais elle en paie le prix fort à travers les inondations, les sécheresses, les cyclones et les vagues de chaleur. Cette semaine, nos communautés ont tracé une ligne rouge et ont dit : assez ! Priorisons les énergies renouvelables centrées sur la communauté et garantissons notre droit de vivre dans la dignité. »
Christian Hounkannou, organisateur francophone Afrique de 350.org, a ajouté : « Les combustibles fossiles détruisent nos terres, empoisonnent nos eaux et menacent nos systèmes alimentaires, tandis que les populations sont laissées dans la pauvreté. Ce que nous construisons à la place, ce sont des solutions africaines, comme des projets solaires alimentant les écoles et les hôpitaux, une agroécologie soutenant nos agriculteurs et des mouvements populaires. À la COP30, notre demande est simple mais urgente : annuler la dette illégitime, faire payer leur dette climatique et financer la transition que notre peuple mérite. »
Alors que le monde se dirige vers la COP30, le message de l’Afrique est clair : « Le temps des promesses vides est révolu. Les dirigeants doivent mettre fin aux combustibles fossiles, débloquer le financement climatique réel et placer les communautés au cœur de la transition. »
Sur le même sujet
