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Que pense l’industrie de l’investissement des comptes Trump?

by Nicolas Lefèvre

De nouveaux comptes d’épargne, baptisés « comptes Trump », seront mis en place dès 2025 pour aider les jeunes Américains à préparer leur avenir financier, que ce soit pour des études supérieures ou la retraite. Cette initiative, issue d’une loi budgétaire adoptée en juillet, suscite déjà des réactions contrastées au sein de l’industrie de l’investissement.

À retenir

  • Pour les enfants nés entre 2025 et 2028, un dépôt initial de 1 000 $ (environ 920 €) sera versé sur un compte Trump.
  • Les parents et les employeurs pourront ensuite contribuer à ce compte, avec des limites spécifiques, jusqu’à ce que l’enfant atteigne l’âge de 17 ans.
  • Les investissements au sein de ces comptes seront strictement encadrés, privilégiant les fonds indiciels à faibles frais suivant les marchés américains.

Contexte

L’idée de soutenir financièrement les jeunes dès la naissance n’est pas nouvelle aux États-Unis. Des propositions similaires, comme les « Baby Bonds » défendues par le sénateur Corey Booker, ont déjà été avancées, mais avec des modalités de financement différentes. Les « comptes d’opportunité américains » proposés par le sénateur Booker prévoyaient un dépôt initial de 1 000 $ et des subventions annuelles en fonction des revenus du foyer. L’initiative actuelle se distingue par son financement et par les restrictions imposées aux investissements.

L’histoire de telles mesures remonte même au XVIIIe siècle, avec les écrits de Thomas Paine plaidant pour une allocation forfaitaire aux jeunes adultes, financée par des taxes sur les successions.

Ce qui change

Les comptes Trump seront ouverts pour les enfants nés entre 2025 et 2028. Un dépôt initial de 1 000 $ sera effectué par le Trésor américain. Les parents et les proches pourront ensuite verser des sommes supplémentaires, jusqu’à un maximum de 5 000 $ par an (montant indexé à partir de 2028). Les employeurs pourront également contribuer, jusqu’à 2 500 $ par an. Les contributions des gouvernements locaux et de certains organismes de bienfaisance ne seront pas soumises à ces limites.

Les fonds déposés sur ces comptes ne pourront être retirés avant l’âge de 18 ans. À partir de cet âge, le compte fonctionnera comme un IRA traditionnel, avec les mêmes règles fiscales : les retraits seront imposables, sauf s’ils sont utilisés pour des dépenses qualifiées comme les frais de scolarité. Des pénalités s’appliqueront en cas de retrait anticipé avant l’âge de 59,5 ans, sauf pour des dépenses qualifiées.

Un aspect important concerne la fiscalité : les sommes versées après impôt conserveront leur base fiscale, ce qui signifie que seuls les gains seront imposables. En revanche, les contributions provenant d’autres sources (employeur, subventions initiales) seront imposables à la fois sur le principal et sur les gains.

Prochaines étapes

Les professionnels du secteur financier attendent avec intérêt les directives du Trésor américain concernant la mise en œuvre des comptes Trump. Ils souhaitent notamment connaître les modalités précises de gestion et les orientations en matière de réglementation. William Nelson, de la Investment Adviser Association (IAA), a souligné le besoin d’une approche neutre en matière de stratégie d’investissement, évitant toute intervention excessive.

L’Institut de la société d’investissement a également appelé à une plus grande flexibilité en matière d’investissement, tout en soutenant l’importance de l’épargne précoce.

La question du nom reste également un sujet de débat. Certains craignent que le nom « comptes Trump » puisse nuire à l’adhésion de certaines familles, mais, selon William Nelson, « ils s’appellent comme ils s’appellent » et « la façon dont ils fonctionnent est la chose la plus importante ».

Chiffres clés

  • Dépôt initial : 1 000 $ (environ 920 €)
  • Contribution maximale annuelle (parents) : 5 000 $ (environ 4 600 €)
  • Contribution maximale annuelle (employeur) : 2 500 $ (environ 2 300 €)
  • Frais de gestion maximum : 0,1 % du solde de l’investissement

Sources

Investment Adviser Association (IAA)

Institut de la société d’investissement

Le Boston Institute of Finance

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