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Des millions d’enfants sont vulnérables aux maladies évitables à mesure que les efforts de vaccination mondiale stalisent

Publié le 30 septembre 2024 10h03. La couverture vaccinale infantile, pilier de la santé publique mondiale, stagne depuis plus d'une décennie, ouvrant la voie à un regain inquiétant de maladies évitables comme la rougeole, la polio et la…

Des millions d’enfants sont vulnérables aux maladies évitables à mesure que les efforts de vaccination mondiale stalisent

Publié le 30 septembre 2024 10h03. La couverture vaccinale infantile, pilier de la santé publique mondiale, stagne depuis plus d’une décennie, ouvrant la voie à un regain inquiétant de maladies évitables comme la rougeole, la polio et la tuberculose, particulièrement en Afrique subsaharienne.

  • La protection contre la rougeole a reculé dans 100 pays entre 2010 et 2019, y compris dans des nations développées où la maladie avait été éradiquée.
  • Environ 15,6 millions d’enfants n’ont pas reçu le vaccin contre la coqueluche et la rougeole en 2023, un chiffre alarmant qui menace de compromettre des décennies de progrès.
  • Le Royaume-Uni s’engage à verser 1,7 milliard de dollars (environ 1,55 milliard d’euros) à l’Alliance du vaccin (Gavi) pour soutenir la vaccination de 500 millions d’enfants dans les pays les plus pauvres.

Après des décennies de succès, le programme de vaccination de routine de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), lancé en 1974, montre des signes de faiblesse. Ce programme a permis d’inoculer plus de 4 milliards d’enfants et de sauver la vie de 154 millions de personnes à travers le monde. Entre le début du programme et 2010, la couverture vaccinale mondiale a presque doublé pour la diphtérie, le tétanos et la coqueluche (de 40 % à 81 %) et a augmenté de manière significative pour la rougeole (de 37 % à 83 %), la polio et la tuberculose.

Cependant, cette dynamique positive s’est inversée. L’étude publiée dans la revue The Lancet révèle une stagnation, voire une régression, de la couverture vaccinale depuis 2010. La rougeole, en particulier, connaît une recrudescence préoccupante. En 2023, l’OMS a signalé une augmentation onze fois plus importante des cas de rougeole dans les Amériques par rapport à 2022. La région européenne a également vu les infections doubler sur la même période, tandis que la maladie reste endémique en Afrique et en Asie du Sud-Est.

Cette situation est d’autant plus inquiétante qu’elle coïncide avec une augmentation de la méfiance envers les vaccins, alimentée par la désinformation. Helen Bedford, professeure de santé infantile à l’University College de Londres, souligne :

« Après l’eau potable, la vaccination est l’intervention la plus efficace pour protéger la santé de nos enfants. »

Helen Bedford, professeure de santé infantile à l’University College de Londres

Elle alerte également sur une faible, mais préoccupante, augmentation du nombre de parents qui choisissent de ne pas faire vacciner leurs enfants.

Les conséquences de cette baisse de la couverture vaccinale sont déjà visibles. Au Royaume-Uni, le nombre de cas de rougeole a atteint son plus haut niveau depuis les années 1990, et la coqueluche a causé la mort de près d’une douzaine de bébés. Aux États-Unis, les taux de vaccination sont également en baisse et les exemptions vaccinales sont à un niveau record. Plus de la moitié des 15,7 millions d’enfants non vaccinés dans le monde en 2023 se concentrent dans huit pays : le Nigéria, l’Inde, le Congo, l’Éthiopie, la Somalie, le Soudan, l’Indonésie et le Brésil.

Face à cette crise, la communauté internationale tente de réagir. Le gouvernement britannique a récemment annoncé un engagement financier de 1,7 milliard de dollars (environ 1,55 milliard d’euros) envers Gavi, l’Alliance du vaccin, entre 2026 et 2030. Cet argent devrait permettre de protéger jusqu’à 500 millions d’enfants contre des maladies telles que la méningite, le choléra et la rougeole, et de sauver potentiellement 8 millions de vies. Gavi, l’Alliance du vaccin est une organisation internationale qui œuvre pour améliorer l’accès aux vaccins dans les pays en développement.

Bien que saluée par les défenseurs de la santé, cette aide est inférieure à l’engagement précédent du Royaume-Uni, qui s’élevait à 1,65 milliard de livres sterling sur la période 2020-2025. Les experts en santé publique mettent également en garde contre les conséquences potentielles des réductions de financement de l’OMS, notamment suite à la décision de l’administration Trump de se retirer de l’organisation et de démanteler son agence américaine d’aide sanitaire. David Elliman, pédiatre conseiller du gouvernement britannique, insiste :

« C’est dans l’intérêt de chacun que cette situation soit rectifiée. Alors que les maladies infectieuses préventives à la vaccination se produisent partout dans le monde, nous sommes tous menacés. »

Dr David Elliman, pédiatre

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À propos de l’auteur: Sophie Martin

Sophie Martin suit les sujets de santé, de prévention, de recherche médicale et de politiques publiques. Ses articles rappellent les limites de l’information générale et encouragent la consultation de professionnels qualifiés.