Un dimanche d’été tranquille a basculé dans l’histoire financière mondiale lorsque le président Richard Nixon a annoncé, en pleine diffusion télévisée, la suspension de la convertibilité du dollar américain en or. Cette décision, prise le 15 août 1971, a marqué la fin d’un système monétaire établi et a ouvert la voie à une ère de dette et d’inflation sans précédent, selon un nouvel ouvrage qui revisite cet événement.
Avant 1971, chaque dollar en circulation était garanti par une quantité fixe d’or – 35 dollars pour une once (environ 28,35 grammes). La suspension de cette garantie a permis aux États-Unis de s’affranchir des contraintes budgétaires et de financer ses dépenses en imprimant de la monnaie, une pratique qui, selon les auteurs Paul Stone et Dave Erickson, est à l’origine des problèmes économiques et sociaux qui affligent aujourd’hui le pays.
Le livre avance une thèse audacieuse : le « choc Nixon » n’était pas une simple mesure économique, mais une stratégie délibérée visant à surpasser l’Union soviétique et à établir une domination mondiale. « Ils pensaient que l’étalon-or était un obstacle et qu’en rompant les liens avec l’or, ils pouvaient contrôler tout le monde », affirment Stone et Erickson.
Plus de 50 ans après cette décision, la dette du gouvernement américain a atteint 37,5 billions de dollars (environ 37 500 milliards d’euros), représentant 124 % du produit intérieur brut (PIB). À l’échelle mondiale, la dette s’élève à 324 billions de dollars (environ 324 000 milliards d’euros), soit plus de 235 % du PIB mondial, selon l’Institute of International Finance (IIF). En comparaison, la dette américaine en 1971 s’élevait à environ 400 milliards de dollars, soit moins de 40 % du PIB.
Cette évolution a conduit à un système où les gouvernements peuvent dépenser sans limite, en finançant les déficits budgétaires par l’émission de monnaie. Selon les auteurs, cette liberté financière a engendré une « décomposition morale sans entrave, le racisme, la prolifération de la drogue, la destruction de la famille, la guerre et la famine ».
Face à cette situation, certains experts préconisent un retour à l’or comme valeur refuge. L’or a récemment franchi le seuil des 3 800 dollars l’once (environ 3 670 euros), porté par les anticipations de baisses de taux d’intérêt de la part de la Réserve fédérale américaine et par la demande croissante des banques centrales, qui ont acheté 200 tonnes métriques (200 000 kg) au cours des sept premiers mois de l’année.
D’autres métaux précieux, comme le platine et le palladium, connaissent également une forte demande. Les investisseurs se tournent vers ces actifs en raison des inquiétudes concernant les niveaux d’endettement record et la volatilité des marchés boursiers. La dette de marge, c’est-à-dire l’argent emprunté par les investisseurs pour spéculer, a atteint un niveau record de 1,06 billion de dollars (environ 970 milliards d’euros), en hausse de 33 % sur un an.
L’analyste financier prévoie que le prix de l’or pourrait atteindre 7 000 dollars l’once (environ 6 430 euros) d’ici la fin d’un second mandat de Donald Trump, en raison de la persistance des déséquilibres budgétaires et de la politique monétaire restrictive. Il recommande aux investisseurs de détenir 10 % de leur portefeuille en or, sous forme physique (pièces, lingots, bijoux, ETF) et en actions de sociétés minières.
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