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La prise de poids par les antipsychotiques ne doit pas être

by Sophie Martin

Publié le 2025-10-01 15:40:00. Les personnes souffrant de troubles mentaux graves sont particulièrement susceptibles de prendre du poids sous traitement antipsychotique, ce qui augmente le risque de complications graves comme le diabète de type 2. Des stratégies de prévention et de prise en charge, incluant la metformine, sont désormais recommandées pour limiter ces effets indésirables.

  • Les antipsychotiques sont souvent associés à une prise de poids significative, pouvant entraîner des problèmes de santé graves.
  • La metformine, un médicament couramment utilisé pour le diabète, montre un potentiel préventif contre la prise de poids induite par les antipsychotiques (AIWG).
  • Une surveillance régulière du poids et une intervention précoce sont essentielles pour limiter les risques chez les patients.

Les troubles mentaux graves, tels que la schizophrénie ou les troubles bipolaires, sont fréquemment associés à des problèmes de poids. Selon le professeur Alkomiet Hasan, de la clinique de psychiatrie, psychothérapie et psychosomatique de l’Université d’Augsbourg, près de 26% des personnes atteintes de ces pathologies sont en surpoids, et un pourcentage significatif souffre d’obésité.

Plusieurs facteurs contribuent à cette prise de poids. Les patients peuvent avoir des difficultés à adopter un mode de vie sain, être confrontés à la stigmatisation, ou encore présenter des troubles dans leur capacité à prendre soin d’eux-mêmes. De plus, certains médicaments, notamment les antipsychotiques, peuvent induire une prise de poids, un phénomène désormais désigné par l’acronyme AIWG (gain de poids induit par les antipsychotiques).

Les complications, facteur d’augmentation de la mortalité

Le professeur Hasan souligne que certaines personnes atteintes de schizophrénie présentent déjà un risque accru de surpoids ou de diabète avant même de commencer un traitement médicamenteux, et que ce risque s’accentue pendant la maladie. Les complications associées, telles que le diabète de type 2, les maladies cardiovasculaires et les cancers, contribuent à une augmentation de la mortalité observée chez les patients schizophrènes. Il est donc crucial que l’équipe soignante surveille attentivement le poids des patients, en particulier ceux atteints de formes graves de la maladie.

Les recommandations pour la prise en charge de la schizophrénie incluent :

  • Mesurer le poids du patient avant le début du traitement et à chaque consultation (en l’absence de chaussures et de vêtements lourds).
  • Informer le patient et ses proches des risques liés à une prise de poids et de ses conséquences.
  • En cas de prise de poids de 3 à 5%, mettre en place des mesures telles que des conseils sur les portions, l’encouragement à l’activité physique, et la participation à des programmes de nutrition et d’exercice.
  • Si ces mesures ne suffisent pas, envisager une réduction de la dose du médicament responsable, ou son remplacement par un autre, éventuellement associé à un médicament favorisant la perte de poids.

Il est essentiel de connaître le potentiel AIWG des différents antipsychotiques. La clozapine et l’olanzapine présentent le risque de prise de poids le plus élevé, tandis que l’halopéridol, la ziprasidone, l’aripiprazole et la lurasidone présentent le risque le plus faible. Les autres antipsychotiques se situent entre ces deux extrêmes. Toute décision de réduire la dose ou de changer de médicament doit être prise au cas par cas, en tenant compte de la gravité de l’épisode, de la réponse au traitement, des antécédents de rechute et d’une éventuelle consommation de substances.

La metformine, une option préventive

La metformine s’avère efficace pour limiter la prise de poids indésirable. Les recommandations S3 relatives à la schizophrénie, publiées en 2019, préconisent l’utilisation hors autorisation de mise sur le marché (AMM) de la metformine pour le traitement de l’AIWG. Des études récentes confirment son efficacité préventive, et deux directives internationales recommandent désormais son administration systématique en association avec les antipsychotiques.

La metformine doit être dosée avec précision. La posologie initiale est de 500 mg le matin pendant la première semaine, puis 500 mg matin et soir la deuxième semaine. Après évaluation de l’efficacité et de la tolérance, la dose peut être augmentée progressivement jusqu’à 2 000 mg par jour. Les effets secondaires les plus courants sont les troubles gastro-intestinaux. Avant de commencer le traitement, le patient doit être informé de l’utilisation hors AMM du médicament, et il est recommandé de vérifier la prise en charge des coûts par l’assurance maladie.

Les analogues du GLP-1, tels que le sémaglutide et le liraglutide, peuvent également favoriser la perte de poids. Ils sont déjà recommandés dans certaines situations internationales pour prévenir et traiter l’AIWG. Cependant, en Allemagne, leur remboursement par l’assurance maladie est actuellement absent. Le professeur Hasan souligne que la sécurité et la tolérance de ces analogues du GLP-1 nécessitent encore des études approfondies, en particulier chez les patients atteints de troubles mentaux graves et sous traitement médicamenteux. Il conclut qu’en l’absence d’une alternative sûre, bien étudiée et peu coûteuse comme la metformine, celle-ci doit rester le traitement de première intention, sauf pour les patients répondant déjà aux critères d’éligibilité pour l’utilisation des analogues du GLP-1.

Source : Hasan A. PPT 2025; 32: 89-97; doi: 10.52778/ppt20250008

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