Home Technologie et scienceL’approche de la Lettonie sur les données du cloud est fragmentée / article

L’approche de la Lettonie sur les données du cloud est fragmentée / article

by Thomas Caron

Publié le 2 octobre 2024. L’administration publique lettone peine à tirer pleinement parti du potentiel du cloud computing, malgré des investissements informatiques en forte hausse ces dernières années. Un récent rapport de l’office d’audit d’État pointe un manque de stratégie cohérente et de coordination dans la transition vers le numérique.

  • Les dépenses en technologies de l’information et de la communication (TIC) ont plus que doublé en cinq ans, atteignant 352 millions d’euros en 2024.
  • Seules quatre administrations ont soumis des plans de migration vers le cloud, et un seul a été validé.
  • Près de la moitié des institutions publiques ignorent les directives du ministère de l’administration intelligente et du développement régional (VARAM) concernant le choix des services de cloud.

L’adoption du cloud computing par l’administration lettone est jugée trop timide et insuffisamment ciblée par l’office d’audit d’État, dans un rapport publié ce mardi. Si les avantages de cette technologie étaient déjà reconnus dès 2013, le développement d’une infrastructure nationale robuste ne s’est véritablement accéléré qu’en 2024. Le rapport souligne l’absence d’une stratégie globale pour maximiser les bénéfices potentiels du cloud.

Les chiffres sont éloquents : les dépenses publiques en TIC ont connu une augmentation spectaculaire, passant de 147 millions d’euros en 2020 à 352 millions d’euros en 2024. Les coûts directement liés aux services et équipements de cloud computing ont même triplé, atteignant 258 millions d’euros sur la même période. Pourtant, contrairement à d’autres pays européens où le cloud a permis des réductions de coûts de 10 à 20%, la Lettonie ne dispose d’aucune estimation comparable.

Le ministère de l’administration intelligente et du développement régional (VARAM) est pointé du doigt pour son incapacité à impulser une action suffisamment coordonnée. Si la nécessité de mutualiser les ressources informatiques nationales est évoquée depuis plus d’une décennie, la mise en œuvre concrète reste fragmentée. Le rapport révèle que seules quatre administrations ont soumis des plans de migration vers le cloud, et qu’un seul de ces plans a été approuvé par le VARAM. De plus, 48% des administrations interrogées ont déclaré avoir évalué la faisabilité de plans de cloud computing, mais sans les soumettre au ministère.

Actuellement, l’infrastructure nationale de cloud computing repose sur quatre centres : le Centre radio et télévision d’État letton, la Bibliothèque nationale de Lettonie, le centre d’information du ministère de l’Intérieur et le ministère de l’Agriculture (Service de soutien rural). Ces centres hébergent, selon les estimations des auditeurs, la moitié des systèmes d’information utilisés par l’administration publique. Parallèlement, 44% des institutions utilisent déjà des services de cloud étrangers, et 11% des services de cloud lettons. Cette situation est jugée préoccupante en termes de sécurité et de transparence.

L’office d’audit d’État met également en évidence un manque de connaissances et de soutien pratique au sein des administrations. Seuls 36% des institutions se déclarent pleinement au fait des directives du VARAM concernant le choix des services de cloud computing, 36% les connaissent partiellement, et 28% les ignorent totalement. En conséquence, la transformation numérique se déroule de manière désordonnée, sans vision nationale unifiée ni contrôle efficace.

L’office d’audit d’État recommande donc de renforcer le rôle du VARAM en tant que chef de file de la réforme, en garantissant une stratégie claire et une transition coordonnée vers le cloud computing.

You may also like

Leave a Comment