Publié le 2 octobre 2025 à 11h47. Les incertitudes liées à la politique économique américaine, notamment les tensions commerciales, pèsent sur l’économie de la zone euro, entraînant une contraction du crédit et un report des investissements des entreprises, selon une analyse de la Banque centrale européenne (BCE).
- L’incertitude politique américaine freine l’octroi de prêts bancaires aux entreprises européennes.
- La BCE estime que les niveaux élevés d’incertitude réduisent l’efficacité des baisses de taux d’intérêt.
- Les opérateurs financiers ne s’attendent pas à de nouvelles réductions de taux lors de la prochaine réunion de la BCE fin octobre.
La zone euro ressent déjà les répercussions des décisions prises par l’administration américaine, malgré l’accord commercial récemment conclu entre l’Union européenne et les États-Unis. La BCE avait déjà exprimé ses préoccupations face aux risques liés aux tensions commerciales transatlantiques, mais confirme désormais que cet accord ne suffit pas à apaiser les marchés.
Selon un document d’analyse publié par la BCE, « l’incertitude croissante des politiques économiques – découlant notamment des évolutions de la politique commerciale aux États-Unis – se répercute sur la zone euro, entraînant une réduction des prêts, tant du côté de la demande que de l’offre ». Les experts de la BCE soulignent que ils avaient déjà averti de ces risques.
Les techniciens de la BCE mettent en garde : « Des niveaux d’incertitude élevés rendent également les réductions des taux officiels moins efficaces ». La BCE a pourtant déjà réduit ses taux d’intérêt à huit reprises, dont quatre en 2025, avant de marquer une pause, une situation qui devrait se poursuivre.
Les marchés financiers ne prévoient pas de nouvelle baisse des taux lors de la réunion du conseil d’administration de la BCE fin octobre, en raison notamment de l’augmentation de l’inflation en septembre (2,2 %). À Francfort, on observe que les entreprises reportent leurs décisions d’investissement face à cette incertitude, tandis que les banques réduisent leur offre de crédit pour gérer les risques potentiels.
Selon le document d’analyse de la BCE, « en attendant une plus grande clarté, les entreprises réagissent à l’acceptation de l’incertitude sur les politiques économiques en reportant les décisions d’investissement, tandis que les banques contractent l’offre de crédit pour gérer les risques potentiels ». Ce comportement est inhérent au système bancaire : « Quand des changements inattendus se produisent, les banques accordent de moins en moins de prêts ».
En substance, la BCE souligne que « l’incertitude politique, surtout si elle est associée au stress financier, peut entraver le flux de crédit et ralentir l’activité économique juste au moment où les stimuli sont plus nécessaires ». Dans un contexte où l’Union européenne et la zone euro ont besoin d’investissements pour assurer leur compétitivité – comme le soulignait Mario Draghi –, les actions de l’administration Trump constituent donc un obstacle supplémentaire.
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