Home AffairesLes obligations à haut rendement surpassent mais le risque de refinancement se profile toujours

Les obligations à haut rendement surpassent mais le risque de refinancement se profile toujours

by Amélie Bernard

Les obligations à haut rendement, souvent perçues comme risquées mais potentiellement lucratives, ont surpris les observateurs en affichant une performance solide ces derniers mois, malgré les craintes d’un ralentissement économique et d’une inflation persistante. Alors que l’horizon économique reste incertain, les investisseurs se demandent si cette tendance positive se poursuivra ou si un retournement de situation est à prévoir.

L’année dernière, certains experts, dont moi-même, se montraient prudents quant à l’avenir de ces obligations, également appelées high yield. La crainte principale résidait dans l’anticipation d’une vague de refinancements d’entreprises cherchant à renouveler leur dette. Un refinancement réussi nécessite une conjoncture économique favorable, et les perspectives pointaient vers une période plus difficile jusqu’en 2029.

Contre toute attente, le secteur a déjoué les prévisions pessimistes. Sur l’ensemble de l’année écoulée, les obligations à haut rendement ont surpassé les autres classes d’actifs obligataires, affichant un rendement de 8,67 % au 28 février 2025. À titre de comparaison, les obligations de sociétés mondiales ont enregistré un rendement de 6,81 % sur la même période.

Cette performance soulève une question : étais-je trop conservateur dans mes estimations, ou l’optimisme actuel est-il une forme d’aveuglement collectif ? Il est facile de se sentir confiant lorsque les résultats sont positifs, mais il est crucial de rester vigilant face aux risques potentiels.

À ce stade, le consensus du marché semble plutôt prudent. Les entrées de capitaux dans les fonds d’obligations à haut rendement mondiales ont été limitées, à seulement 84 millions de livres sterling (environ 98 millions d’euros) sur l’année. Sur les trois dernières années, malgré des rendements respectables de 18,23 %, le secteur a subi des retraits nets de 5,5 milliards de livres sterling (environ 6,4 milliards d’euros). Cependant, il convient de rappeler que le consensus peut souvent être erroné, comme l’ont démontré les bulles spéculatives passées.

La sagesse collective peut être efficace lorsque les décisions individuelles sont indépendantes les unes des autres. Mais lorsque l’effet de troupeau prend le dessus, les investisseurs peuvent se montrer irrationnels et prendre des décisions imprudentes.

Il est toutefois possible de défendre une vision plus optimiste. Bien qu’un pic de refinancements soit attendu, les revenus des entreprises émettrices d’obligations à haut rendement restent solides, et la qualité du crédit s’est améliorée. En moyenne, 83 % des fonds investissent dans des obligations notées B ou BB, les deux catégories les plus élevées du marché high yield. La question cruciale est de savoir si ces revenus seront suffisants pour faire face à une éventuelle hausse des taux d’intérêt si l’inflation persiste.

Dans un contexte de ralentissement de la croissance économique, tel que le prévoit actuellement le Fonds Monétaire International (FMI), les obligations à haut rendement pourraient surperformer les actions, traditionnellement considérées comme des actifs de croissance. Les entreprises émettrices de ces obligations n’ont pas nécessairement besoin de connaître une croissance rapide pour honorer leurs engagements.

Tout en reconnaissant les risques économiques croissants, les récents résultats du secteur sont encourageants. Il est donc important de rester informé et de surveiller attentivement l’évolution de la situation.

Le fonds le plus performant du secteur sur trois ans est le Pimco US Short-Term High Yield Index Bond Ucits ETF USD Inc Fund. Il s’agit d’un fonds géré passivement, avec une durée de vie relativement courte, ce qui l’a protégé de la hausse des taux d’intérêt. Cependant, son exposition aux obligations notées BB et au-dessus a légèrement augmenté, passant de 83 % à 79 % l’an dernier, ce qui se traduit par un risque de crédit légèrement plus élevé.

Cette approche passive est intéressante, car le marché high yield est généralement considéré comme trop risqué pour une gestion indicielle. Un indice reproduit la composition du marché en fonction du volume de dettes émises, ce qui peut entraîner une surpondération des entreprises les plus endettées. Les gestionnaires actifs ont la possibilité d’éviter ces entreprises, mais cela n’est pas possible avec un fonds indiciel.

Il est donc essentiel de surveiller de près ce pic de refinancement et de rester conscient des risques potentiels.

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