La majorité des Américains souhaitent que le Congrès prolonge les aides financières temporaires qui rendent l’assurance maladie plus abordable, alors que leur expiration menace de faire grimper les primes de manière significative. Un nouveau sondage révèle un large soutien à cette mesure, même au sein des rangs républicains et des sympathisants du mouvement « Make America Great Again ».
Selon l’enquête menée par KFF, 78 % des personnes interrogées estiment que le Congrès devrait étendre les crédits d’impôt accrus destinés aux ménages à faibles et moyens revenus. Cette prolongation permettrait de maintenir l’accessibilité financière des assurances proposées sur les plateformes créées par la loi sur les soins abordables (ACA). À l’inverse, seulement 22 % des personnes souhaitent que ces crédits d’impôt soient supprimés.
Le soutien à la prolongation est particulièrement fort chez les démocrates (92 %) et les indépendants (82 %). Il est également notable que la majorité des personnes qui souscrivent directement une assurance maladie, principalement via les marchés de l’ACA (84 %), se prononcent en faveur de cette mesure. Plus de la moitié des républicains (59 %) et des partisans du mouvement « Make America Great Again » (57 %) soutiennent également l’extension des crédits.
L’étude a également examiné la réaction du public face aux arguments pour et contre la prolongation. Plus de 80 % des personnes interrogées se disent préoccupées par les conséquences d’une expiration des crédits d’impôt, notamment l’inabordabilité de l’assurance pour de nombreux Américains (86 %) et la perte de couverture pour environ 4 millions de personnes (86 %). Ils s’inquiètent également des conséquences pour les travailleurs des petites entreprises et les indépendants.
Cependant, une proportion plus faible (63 %) s’exprime une préoccupation concernant le coût de la prolongation des crédits d’impôt, estimant que cela impliquerait des dépenses fédérales importantes supportées par les contribuables. Cette inquiétude est particulièrement forte chez les républicains (83 %) et les indépendants (61 %).
Interrogés sur les responsabilités en cas d’expiration des crédits, les personnes favorables à leur prolongation pointent du doigt à parts égales l’ancien président Trump (39 %) et les républicains au Congrès (37 %). Une minorité (22 %) estime que les démocrates au Congrès devraient être tenus pour responsables.
« Il y a un débat intense à Washington sur l’augmentation imminente des coûts de l’ACA, mais notre sondage montre que la plupart des personnes qui utilisent les marchés ne sont pas encore conscientes de cette situation et sont surprises lorsqu’elles en apprennent davantage », a déclaré Drew Altman, président et chef de la direction de KFF.
Le sondage a été publié juste avant la fermeture partielle du gouvernement fédéral du 1er octobre, en partie due à des désaccords sur la question de la prolongation des crédits d’impôt. Une analyse récente de KFF estime que la suppression de ces aides financières entraînerait une augmentation moyenne de 114 % des primes pour les bénéficiaires d’aides, passant de 888 $ (environ 820 €) en 2025 à 1 904 $ (environ 1 750 €) l’année prochaine.
L’enquête suggère que de nombreux inscrits sur les marchés de l’assurance seront pris au dépourvu par une forte augmentation des primes si les crédits d’impôt ne sont pas renouvelés avant le début de la période d’inscription ouverte pour 2026, qui débute le 1er novembre.
Plus de la moitié des personnes qui souscrivent directement une assurance (principalement sur les marchés) déclarent avoir entendu « peu » ou « rien du tout » concernant l’expiration des crédits d’impôt (58 %). Environ un tiers (35 %) s’attend à une augmentation « importante » de leurs primes l’année prochaine, tandis qu’un quart (25 %) prévoit une augmentation « modérée » et un autre quart (24 %) une augmentation « légère ». Seuls 15 % ne s’attendent à aucune augmentation.
Face à une éventuelle augmentation de près du doublement de leurs primes, 70 % des personnes qui souscrivent directement une assurance estiment qu’elles ne pourraient pas se permettre de maintenir leur couverture sans compromettre considérablement leurs finances personnelles. Plus du double de ce chiffre (30 %) pensent pouvoir absorber cette augmentation.
Environ 42 % des inscrits sur les marchés indiquent qu’ils renonceraient à une assurance maladie si leurs primes doublaient presque. 37 % affirment qu’ils continueraient à payer leur assurance actuelle, tandis que 22 % se tourneraient vers une autre source de couverture, comme l’assurance proposée par leur employeur ou celui de leur conjoint.
Par ailleurs, le sondage révèle que près des deux tiers (64 %) des Américains ont une opinion favorable de la loi sur les soins abordables dans son ensemble, et une majorité légèrement plus importante (70 %) considère favorablement les marchés de l’ACA. Même si les deux tiers (64 %) des républicains ont une opinion défavorable de l’ACA dans son ensemble, la plupart (59 %) voient les marchés de l’ACA d’un œil positif.
La loi sur les impôts et le budget adoptée en juillet, surnommée « Big Beautiful Bill », suscite des opinions plus partagées : 61 % des personnes interrogées la considèrent défavorablement, tandis que 38 % l’approuvent. Les démocrates (88 %) et les indépendants (68 %) sont majoritairement défavorables à cette loi, tandis que les républicains (75 %) et les partisans du mouvement « Make America Great Again » (82 %) la soutiennent en grande majorité.
L’enquête, menée du 23 au 29 septembre 2025 auprès d’un échantillon représentatif de 1 334 adultes américains en anglais et en espagnol, a été conçue et analysée par les chercheurs de KFF. La marge d’erreur d’échantillonnage est de plus ou moins 3 points de pourcentage pour l’ensemble de l’échantillon, et peut être plus élevée pour les sous-groupes.
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