Publié le 5 octobre 2025 à 06h00. OpenAI, la société à l’origine de ChatGPT, a dévoilé Sora 2, une nouvelle technologie d’intelligence artificielle capable de générer des vidéos réalistes à partir de simples descriptions textuelles, soulevant des questions sur l’avenir de la création de contenu et le respect des droits d’auteur.
- Sora 2 permet de créer des vidéos complètes, avec audio intégré, en quelques secondes à partir de simples invites textuelles.
- L’application Sora, actuellement disponible aux États-Unis et au Canada, promet une interface intuitive et la possibilité de remixer le contenu généré par d’autres utilisateurs.
- Cette avancée technologique soulève des inquiétudes quant à l’impact sur les industries créatives, la prolifération de contenu généré par l’IA et les problèmes de droits d’auteur.
L’intelligence artificielle générative continue de faire des bonds en avant. OpenAI, la société qui a popularisé ChatGPT, vient de lever le voile sur Sora 2, une mise à jour de sa technologie de transformation de texte en vidéo. Cette nouvelle version promet de simplifier radicalement la création de vidéos, en permettant aux utilisateurs de générer des séquences complexes et réalistes en quelques secondes, simplement en décrivant ce qu’ils souhaitent voir.
Le principe est simple : l’utilisateur fournit une description textuelle, une « invite », et Sora 2 se charge du reste. Le logiciel génère alors une vidéo complète, incluant les images, les personnages, les décors, le style artistique et même l’audio correspondant à la scène. Les améliorations apportées à Sora 2 se concentrent notamment sur la fluidité des mouvements et le réalisme des interactions entre les objets et les personnages.
Les démonstrations publiées par OpenAI sont frappantes. On peut ainsi voir un patineur artistique exécuter une routine complexe, avec un chat blanc perché sur sa tête – un exemple absurde qui illustre la liberté créative offerte par la technologie. D’autres vidéos montrent une fête interrompue par un éléphant, un stade rempli de spectateurs regardant des canards géants se courser, ou encore un chien astronaute flottant dans une station spatiale entourée de balles de tennis. Voir la vidéo de démonstration.
Mais au-delà de ces exemples amusants, c’est la capacité de Sora 2 à générer des scènes réalistes et banales qui suscite le plus d’inquiétudes. Des images d’un homme faisant du paddleboard, d’amis jouant au beach-volley ou d’un skateur réalisant un kickflip, des scènes du quotidien, soulèvent des questions sur l’avenir de la création de contenu et le respect des droits d’auteur. Voir la vidéo de démonstration.
L’application Sora, qui permettra d’utiliser cette technologie, sera initialement lancée aux États-Unis et au Canada, avec un accès limité. OpenAI prévoit ensuite d’étendre la disponibilité à d’autres pays. L’application sera accessible gratuitement, mais l’utilisation sera soumise à des contraintes de calcul. Elle promet une interface conviviale et la possibilité de remixer les créations d’autres utilisateurs, un peu comme sur TikTok ou Snapchat. Voir la vidéo de démonstration.
Cette avancée a déjà ravivé le débat sur les droits d’auteur et l’utilisation de l’IA pour reproduire des œuvres existantes. Sur les réseaux sociaux, des utilisateurs ont déjà créé des vidéos imitant le style de Studio Ghibli, de Dragon Ball Z ou de Bleach, sans autorisation. Certains ont même publié des vidéos satiriques, comme celle montrant Sam Altman, le PDG d’OpenAI, volant des œuvres d’art à Hayao Miyazaki. Voir le tweet et ce tweet.
Alors que la technologie devient de plus en plus réaliste, il devient difficile de distinguer le vrai du faux. Si l’IA a longtemps eu du mal à reproduire des détails simples, comme le nombre de doigts sur une main, Sora 2 marque un tournant. La prolifération de contenu généré par l’IA pourrait entraîner une saturation de l’information et une perte de valeur de la création originale. La question de savoir comment protéger les artistes et les créateurs dans ce nouvel environnement reste ouverte.
Les opinions exprimées ici sont celles de l’auteur et ne représentent pas ou ne reflètent pas les vues de RTÉ