Publié le 7 octobre 2025 13:24:00. Un avocat a été interpellé puis relâché après avoir tenté de lancer une chaussure sur le juge en chef de la Cour suprême indienne, B.R. Gawai, en plein audience. L’incident, survenu lundi, est lié à un commentaire du juge concernant la restauration d’une statue de Vishnu à Khajuraho.
- L’avocat Rakesh Kishore a été brièvement détenu par la police de Delhi après avoir perturbé une audience de la Cour suprême.
- La Cour suprême a décidé de ne pas engager de poursuites pénales contre l’avocat.
- Le Bar Council of India a suspendu la licence d’exercer de Kishore avec effet immédiat.
Lundi, une scène inédite s’est déroulée devant la Cour suprême de l’Inde. L’avocat Rakesh Kishore a interrompu une audience présidée par le juge en chef B.R. Gawai en s’approchant de lui et en tentant de lui lancer une chaussure. Il a simultanément crié :
« L’Inde ne tolérera pas l’insulte au Sanatan Dharma ! »
Rakesh Kishore, avocat
Les agents de sécurité ont immédiatement maîtrisé Kishore et l’ont escorté hors de la salle d’audience. Le juge en chef Gawai a réagi avec calme, demandant que l’incident ne perturbe pas le déroulement des affaires.
« De tels événements ne nous affectent pas, veuillez poursuivre. »
B.R. Gawai, juge en chef de la Cour suprême
La police de Delhi a interrogé Kishore pendant plus de trois heures au poste de police de Tilak Marg. Un message manuscrit a été retrouvé sur lui, proclamant :
« Mon message est pour chaque Sanatani… L’Inde ne portera pas l’insulte au Sanatan Dharma. »
Rakesh Kishore, avocat (extrait du message retrouvé)
Les forces de l’ordre ont également saisi ses cartes de membre de l’Association du barreau de la Cour suprême, de la Shahdara Bar Association et du Bar Council de Delhi.
Suite à une demande officielle du registraire général de la Cour suprême, qui a indiqué que le tribunal ne souhaitait pas engager de poursuites, la police a libéré Kishore, lui restituant ses effets personnels. Cependant, le Bar Council of India a rapidement réagi en suspendant sa licence d’exercer.
L’incident a suscité une condamnation généralisée. Le Premier ministre Narendra Modi a exprimé sa désapprobation sur le réseau social X, saluant par ailleurs la retenue du juge en chef Gawai. Le Solicitor General Tushar Mehta a qualifié la patience de ce dernier de “symbole de la dignité du pouvoir judiciaire”. L’Association du barreau de la Cour suprême (SCBA) et l’Association des défenseurs de la Cour suprême (SCAORA) ont qualifié l’acte de “sans précédent” et “profondément regrettable”, soulignant qu’il porte atteinte à la dignité de la justice.
L’origine du geste de Kishore remonte à un commentaire formulé par le juge en chef Gawai lors d’une audience concernant la restauration d’une statue fragmentée de Lord Vishnu à Khajuraho. Le juge avait alors suggéré que, si la divinité était endommagée, les fidèles devraient eux-mêmes solliciter son remplacement, étant donné que le site est classé au patrimoine archéologique et nécessite l’autorisation de l’Archaeological Survey of India (ASI). Cette remarque a provoqué une vive réaction sur les réseaux sociaux, certains l’interprétant comme une offense aux sentiments religieux. Le juge en chef Gawai a ensuite clarifié sa position, affirmant que sa déclaration avait été sortie de son contexte et qu’il respectait toutes les religions, qualifiant les réactions en ligne de “malentendu”.
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