Publié le 7 octobre 2025 à 16h33. Une coalition d’organisations de la société civile accuse le président Prabowo Subianto de mal identifier les causes profondes des problèmes de promotion et de rotation au sein de l’armée indonésienne (TNI), pointant du doigt une politisation croissante plutôt qu’un simple manque de respect de l’ancienneté.
- La coalition estime que les décisions en matière de promotions et de mutations sont davantage motivées par des considérations politiques que par le mérite ou l’expérience.
- Elle critique spécifiquement la promotion rapide du lieutenant-colonel Teddy Indra Wijaya, ancien assistant du président Prabowo, comme exemple flagrant de favoritisme.
- La coalition appelle à un retour au principe de méritocratie et à un contrôle civil objectif de l’armée.
Selon une coalition d’organisations de la société civile, le diagnostic posé par le président Prabowo Subianto concernant les dysfonctionnements au sein de l’armée indonésienne (TNI) est erroné. Lors de la célébration du 80e anniversaire de l’armée, le président avait demandé au commandant de la TNI, le général Agus Subiyanto, et aux chefs des trois armes de ne pas accorder une importance excessive à l’ancienneté lors de la sélection des cadres. Il avait plaidé pour des promotions basées sur la performance, le dévouement et le patriotisme.
La coalition, qui regroupe Imparsial, De Jure, l’Association indonésienne d’aide juridique et des droits de l’homme (PBHI), le Forum indonésien pour l’environnement (Walhi), la Coalition des femmes indonésiennes (KPI), Centra Initiative et Raksha Initiative, conteste cette analyse. Elle affirme que le problème central réside dans la politisation croissante de l’armée, et non dans le système d’ancienneté lui-même.
« La question actuelle des mutations et des promotions découle d’une forte politisation au sein de la TNI, et non d’une question d’ancienneté », a déclaré Ardi Manto Adiputra, directeur d’Imparsial, dans un communiqué de presse. Il souligne que l’ingérence politique perturbe le processus normal de promotion et de rotation des effectifs.
La coalition met en avant la promotion rapide du lieutenant-colonel Teddy Indra Wijaya comme illustration de ce problème. M. Wijaya, qui occupait auparavant le poste de secrétaire du cabinet du président Prabowo, avait été l’assistant de ce dernier lorsqu’il était ministre de la Défense (2019-2024), avec le grade de major. Sa promotion au grade de lieutenant-colonel, effective le 6 mars 2025, est jugée excessive par la coalition.
« Les promotions et les rotations tendent à favoriser ceux qui ont des connexions politiques et économiques, tandis que les officiers compétents mais dépourvus de tels réseaux peinent à progresser », explique Ardi Manto Adiputra. La coalition craint que cette situation ne décourage les officiers supérieurs expérimentés et ne favorise l’ascension rapide de ceux qui sont proches du pouvoir.
En réponse à ces critiques, le chef de l’information de l’armée, le général de brigade Wahyu Yudhayana, a défendu la promotion de Teddy Indra Wijaya, affirmant qu’elle avait été menée conformément à la législation en vigueur au sein de la TNI. Entre a rapporté le 6 mars 2025 que toutes les exigences administratives avaient été remplies, conformément au décret numéro Sprin/674/II/2025 et aux réglementations internes de l’armée.
La coalition critique également la promotion d’officiers et de retraités ayant un passé controversé, notamment ceux impliqués dans de graves violations des droits humains. Elle dénonce un contrôle civil subjectif, basé sur la loyauté personnelle envers les dirigeants politiques, au détriment d’un contrôle objectif fondé sur une répartition claire des responsabilités et des compétences entre les civils et les militaires. Selon la coalition, cette approche compromet le professionnalisme de la TNI et nuit au bon fonctionnement de l’institution de défense.
Enfin, la coalition souligne une contradiction entre les déclarations du président Prabowo sur l’importance de ne pas tenir compte de l’ancienneté et la révision de la loi sur la TNI, qui repousse l’âge de la retraite des officiers supérieurs. Cette prolongation risque d’entraîner une stagnation des promotions et une accumulation d’officiers à certains grades.
La coalition de la société civile exhorte le gouvernement à rétablir le principe de méritocratie dans le système de promotion et de rotation des emplois au sein de la TNI, afin d’éviter les conflits internes, de respecter la constitution et de garantir le respect de la loi et des droits de l’homme.
Tempo a sollicité des réactions auprès du secrétaire du Cabinet, Teddy Indra Wijaya, et du chef de cabinet présidentiel, Muhammad Qodari, concernant les critiques formulées par la coalition, mais n’avait pas reçu de réponse au moment de la publication de cet article.
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