Publié le 8 octobre 2025 11h14. Un tiers des sans-abri recensés à Vienne ont moins de 30 ans, une situation qui alerte l’association Caritas, qui appelle à une meilleure prise en charge et à des solutions de logement abordables pour les jeunes.
- Environ 5 000 jeunes de moins de 30 ans sont sans domicile fixe à Vienne.
- La violence familiale est la cause la plus fréquente de l’itinérance chez les jeunes.
- Caritas plaide pour un soutien précoce et une prolongation du droit à l’aide sociale jusqu’à 24 ans.
À Vienne, les jeunes représentent une part croissante de la population sans-abri. Selon les estimations de Caritas, environ un tiers des personnes sans domicile fixe dans la capitale autrichienne ont moins de 30 ans, soit près de 5 000 individus. L’association déplore le manque de données nationales fiables sur cette tranche d’âge et réclame une stratégie globale pour lutter contre le sans-abrisme des jeunes, avec des normes harmonisées en matière de protection de l’enfance et de l’aide à la jeunesse.
« Les jeunes sans-abri sont souvent invisibles », a souligné Klaus Schwertner, directeur de Caritas-Wien, lors d’une conférence de presse donnée au centre d’hébergement d’urgence pour jeunes A_way. Beaucoup préfèrent se cacher et vivent de manière précaire, en dormant chez des amis ou des connaissances, par peur du regard des autres et des conséquences sociales.
Pour mieux cibler les aides, Caritas insiste sur la nécessité de collecter des données nationales régulières sur les jeunes sans-abri. Les analyses menées par l’association auprès du centre d’urgence A_WAY et du foyer pour jeunes adultes révèlent que la violence familiale est une cause majeure de l’itinérance. Les ruptures familiales surviennent généralement autour de 15,5 ans, après la fin de la scolarité obligatoire, ou à l’âge de la majorité.
Les chiffres sont alarmants : 76 % des jeunes accueillis par les structures de Caritas ont rompu tout contact avec leur famille. Tom Adrian, responsable du service d’urgence pour les jeunes, explique que ces jeunes se retrouvent souvent complètement isolés. La moitié d’entre eux ont déjà été pris en charge par les services de protection de l’enfance et de la jeunesse, et environ un tiers a déjà vécu dans la rue ou dans un centre d’hébergement d’urgence, une expérience souvent traumatisante.
Il est donc crucial d’intervenir le plus tôt possible, insiste Maresi Kienzer, responsable du foyer pour jeunes adultes Juca. Plus un jeune a connu de ruptures dans son parcours, plus il sera difficile pour lui de se stabiliser et de trouver un logement durable. Selon les données de Caritas, un jeune ayant déjà été expulsé d’un logement a 89 % de chances de vivre dans une situation précaire après son départ. Une seule nuit passée dans la rue ou dans un centre d’urgence réduit de 58 % ses chances de trouver un logement stable.
Caritas demande donc des mesures spécifiques pour les jeunes sans-abri, ainsi que des normes uniformes en matière de protection de l’enfance et de l’aide à la jeunesse dans toute l’Autriche. L’association réclame également davantage de ressources et une attention particulière aux jeunes qui perdent leur droit à l’aide sociale lorsqu’ils atteignent l’âge de la majorité. Klaus Schwertner propose de prolonger ce droit jusqu’à l’âge de 24 ans et de garantir un revenu minimum pour lutter contre la pauvreté, notamment dans le cadre de la réforme prévue de l’assistance sociale.
Pour en savoir plus : Caritas-Wien et wirhelfen.shop.
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