L’essor fulgurant des contrats de partenariat financier avec les joueurs universitaires aux États-Unis a engendré un nouveau défi pour les programmes sportifs : protéger les investissements des donateurs face au risque de blessures. Une solution innovante, baptisée « assurance donateur », émerge pour sécuriser ces fonds et maintenir l’engagement des mécènes.
L’idée est née à l’Arkansas, où l’entraîneur de basketball John Calipari a rapidement pris conscience de la vulnérabilité de ces accords financiers lors de son arrivée au printemps 2024. L’équipe ne comptait que deux joueurs expérimentés, nécessitant un recrutement massif et une levée de fonds intensive auprès des donateurs, des entreprises et des collectifs de soutien.
Deux jours après sa nomination, un joueur de l’effectif, Lawson Blake, s’est rompu le tendon d’Achille lors d’un entraînement. Cet incident a immédiatement soulevé une question cruciale pour Calipari : « Que se passerait-il si nous avions versé 1 million de dollars (environ 930 000 €) à ce joueur et qu’il se blessât gravement, incapable de jouer toute la saison ? Comment pourrions-nous retourner auprès du donateur et lui demander de renouveler son soutien ? »
Le paiement des joueurs blessés est désormais une réalité du sport universitaire professionnalisé, mais la fidélité des donateurs n’est plus garantie. Contrairement au passé, un engagement financier ponctuel ne présage pas d’un soutien continu. Calipari a ainsi identifié un phénomène qu’il a baptisé la « fatigue des donateurs ».
Cette préoccupation a conduit à la création de 32 Group, une entreprise new-yorkaise fondée par Travis Long, un ancien joueur de Memphis, et Steve Stelmach. En s’associant à un assureur sportif de longue date et bénéficiant du soutien de Lloyd’s de Londres, 32 Group propose une assurance sur la santé des joueurs universitaires aux écoles, aux collectifs, aux entreprises et aux donateurs.
Selon les termes de l’offre, 32 Group facture 3 % du montant total du contrat de partenariat financier. Par exemple, pour un joueur recevant 1 million de dollars (environ 930 000 €), l’assurance coûterait 30 000 dollars (environ 28 000 €). Si le joueur subit une blessure grave avant le 15 janvier, l’entité ayant fourni le financement initial se verra intégralement remboursée. En cas de blessure survenant entre le 15 janvier et le 15 février, le remboursement sera de 50 %.
« Nous construisons le bus pendant que nous roulons », a déclaré Stelmach, soulignant le caractère novateur de cette approche dans un secteur en pleine mutation. Il estime que plus d’1 milliard de dollars (environ 930 millions d’euros) sont directement versés aux équipes des grandes conférences, auxquels s’ajoutent entre 1 et 2 milliards de dollars (environ 930 millions à 1 860 millions d’euros) provenant des collectifs et des partenariats individuels.
Calipari affirme que ses donateurs ont accueilli favorablement cette initiative, exprimant leur gratitude pour cette protection supplémentaire. « Ils me disent ‘Merci’ », a-t-il déclaré. « Ils y avaient déjà pensé. Les personnes fortunées sont riches pour une raison : elles ne gaspillent pas leur argent. C’est une façon de protéger l’investisseur. »
À 66 ans, Calipari est un innovateur aguerri dans le monde du basketball universitaire. Il a toujours cherché à repousser les limites, que ce soit en organisant des matchs à minuit pour gagner en visibilité sur ESPN, en misant sur les jeunes talents prometteurs ou en créant des événements promotionnels pour son programme. Il est convaincu que l’assurance donateur renforcera la confiance des mécènes et encouragera leur engagement à long terme.
32 Group envisage d’étendre ses services à d’autres sports universitaires et est déjà en discussion avec plusieurs équipes. L’entreprise estime que la demande pour ce type de couverture ne fera qu’augmenter à mesure que les écoles et les collectifs prendront conscience de l’importance de protéger leurs investissements.
« Il s’agit de transactions commerciales légitimes réalisées par des professionnels », a conclu Stelmach. « Ils n’investissent pas dans leurs entreprises sans assurance. Il en devrait être de même ici. »
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