Publié le 13 octobre 2025 14:57:00. Un nouvel anticorps conjugué à un médicament, FOR46, présente des résultats encourageants dans le traitement d’un cancer de la prostate résistant à la castration, selon une étude de phase I. Cette approche thérapeutique innovante vise à stimuler le système immunitaire tout en ciblant spécifiquement les cellules tumorales.
- FOR46 a démontré une activité clinique préliminaire encourageante chez des patients atteints d’un cancer de la prostate métastatique résistant à la castration.
- La dose maximale tolérée (DMT) de FOR46 a été établie à 2,7 mg/kg de poids corporel.
- L’étude suggère que le ciblage de la protéine CD46 pourrait induire une réponse immunostimulante bénéfique.
Une étude de phase I menée sur 56 patients atteints d’un cancer de la prostate métastatique résistant à la castration (mCRPC) et ayant progressé malgré un traitement par inhibiteur de signalisation de la voie androgène a révélé des résultats prometteurs pour FOR46. Ce médicament innovant est un anticorps entièrement humain conjugué à la cytotoxine monométhylauristatine E. Il cible spécifiquement un épitope de la protéine cofacteur membranaire CD46, une protéine souvent surexprimée dans les cellules cancéreuses de la prostate.
Les patients ont initialement reçu une dose de charge de 0,1 mg/kg de FOR46 par voie intraveineuse toutes les trois semaines. L’objectif principal de l’étude était de déterminer la dose maximale tolérée (DMT). Les chercheurs ont également utilisé la cytométrie de masse sur sang total pour analyser la réponse immunitaire des patients et l’expression de CD46 dans les tissus tumoraux.
Les toxicités dose-limitantes observées ont inclus la neutropénie (diminution du nombre de neutrophiles, un type de globules blancs) chez 4 patients, la neutropénie fébrile (neutropénie accompagnée de fièvre) chez 1 patient et la fatigue chez 1 patient. La DMT a finalement été fixée à 2,7 mg/kg. Les effets indésirables les plus fréquemment rapportés (de grade 3 ou plus) étaient la neutropénie (59 %), la leucopénie (diminution du nombre de globules blancs, 27 %), la lymphopénie (diminution du nombre de lymphocytes, 7 %), l’anémie (7 %) et la fatigue (5 %). Un seul cas de neutropénie fébrile de grade 3 a été signalé. Il n’y a eu aucun décès lié au traitement.
Un effet immunostimulant observé
Dans un sous-groupe de 40 patients atteints d’adénocarcinome et ayant reçu une dose initiale d’au moins 1,2 mg/kg, la survie médiane sans progression radiographique a été de 8,7 mois (avec une fourchette allant de 0,1 à 33,9 mois). De plus, 14 des 39 patients dont les données étaient évaluables ont présenté une réduction d’au moins 50 % de leur taux de PSA (antigène prostatique spécifique). Le taux de réponse globale confirmé, mesuré selon les critères RECIST, était de 20 % (5 patients sur 25 dont les tumeurs étaient évaluables). La durée médiane de la réponse était de 7,5 mois.
Les chercheurs ont constaté que les patients qui ont répondu au traitement présentaient une augmentation significative du nombre de cellules T effectrices CD8+ circulant dans leur sang. Selon les auteurs, le ciblage de la protéine CD46 par FOR46 semble déclencher une réponse immunostimulante qui pourrait contribuer à l’efficacité clinique du médicament.
(Mme/BIERMANN)