Home SantéUn médecin du CGH pour abus de drogues radié après une audience disciplinaire

Un médecin du CGH pour abus de drogues radié après une audience disciplinaire

by Sophie Martin

Publié le 14 octobre 2025 03:52:00. Un médecin de l’hôpital général de Changi (CGH) à Singapour a été radié du tableau de l’Ordre des médecins après avoir admis une consommation de méthamphétamine, mais il pourra demander une réinscription conditionnelle pour reprendre l’exercice sous surveillance.

  • Le Dr Darren Leong Kok Cheong a plaidé coupable de conduite inappropriée devant l’Ordre des médecins.
  • Il a suivi une cure de désintoxication en 2023 après son arrestation pour possession et consommation de méthamphétamine.
  • L’Ordre des médecins lui impose une période de surveillance et de suivi thérapeutique avant de pouvoir prétendre à une réinscription complète.

Le Dr Darren Leong Kok Cheong, âgé d’une quarantaine d’années et ancien chef du département de médecine du sport et de l’exercice à l’hôpital général de Changi, a reconnu sa faute le 11 juin dernier. Il a admis avoir agi d’une manière qui a discrédité la profession médicale. Son arrestation par le Bureau central des stupéfiants (CNB) le 9 février 2023 avait révélé qu’il était en possession de méthamphétamine, également connue sous le nom de « Ice », ainsi que d’accessoires liés à la drogue.

Le Dr Leong a ensuite suivi un programme de traitement et de réadaptation pour toxicomanie entre le 16 février et le 19 mai 2023, sans encourir de peine de prison pour ces infractions. L’affaire a été portée devant un tribunal disciplinaire de l’Ordre des médecins de Singapour (SMC), qui a rendu son verdict le 11 juin.

Pour pouvoir exercer à nouveau, le Dr Leong devra soumettre une lettre d’engagement à l’Ordre des médecins. Il pourra alors être autorisé à pratiquer cliniquement sous la supervision d’un médecin agréé pendant une période de 12 mois. Parallèlement, il devra suivre une cure de désintoxication et un traitement auprès d’un spécialiste ou d’un conseiller en toxicomanie agréé par le SMC pendant un an, et fournir des rapports réguliers attestant de son abstinence et de son faible risque de rechute.

Le tribunal a précisé que le Dr Leong ne pourra pas demander une réinscription complète immédiatement après l’expiration de cette période de surveillance. Il devra prouver qu’il a respecté toutes les conditions imposées et présenter un rapport d’un professionnel certifiant qu’il est en pleine réadaptation, exempt de toxicomanie et présente un faible risque de rechute.

L’Ordre des médecins a également censuré le Dr Leong, l’obligeant à s’engager par écrit à ne pas reproduire un tel comportement et à prendre en charge les frais de procédure. Lors de l’audience, la défense du Dr Leong a révélé qu’il consommait de la drogue le samedi, dans le but que les effets disparaissent avant le début de sa semaine de travail. Il a également été souligné qu’il n’avait jamais consommé de drogue pendant ses heures de travail et qu’aucun patient n’avait porté plainte à son sujet.

Bien que le tribunal ait reconnu qu’il n’y avait aucune preuve de préjudice direct causé à un patient, il a souligné que la consommation de drogue avait affecté la capacité du Dr Leong à être ponctuel au travail. Le tribunal a également pris en compte la durée de sa dépendance (huit ans) et son expérience en tant que médecin depuis avril 2006.

La défense a mis en avant plusieurs facteurs atténuants, notamment sa carrière irréprochable, ses contributions à la société et à la profession médicale, ainsi que son engagement dans des missions médicales à l’étranger. Elle a également souligné que le Dr Leong avait exprimé des remords en informant rapidement l’Ordre des médecins de son arrestation et en coopérant pleinement à l’enquête. Il a également pris des mesures pour prévenir une rechute, notamment en consultant un psychiatre et en retournant vivre avec ses parents, et a présenté des rapports positifs sur ses progrès.

Son avocat a également évoqué le fait que le Dr Leong avait recours à la drogue pour faire face aux pressions liées à sa bisexualité et pour gérer une dystonie vocale alors qu’il chantait dans une chorale d’église. Cependant, le tribunal, présidé par le Dr Yap Lip Kee, a estimé que ces circonstances atténuantes avaient un poids limité, considérant que l’intérêt public devait primer dans les cas de faute professionnelle.

Contacté par le Straits Times, le CGH a déclaré avoir mené des enquêtes internes qui n’avaient révélé aucun impact sur la sécurité des patients et la qualité des soins. L’hôpital a également précisé que le Dr Leong était soumis à un plan d’amélioration des performances en quatre phases depuis septembre 2023, et qu’il ne sera autorisé à recevoir des patients en face à face qu’à partir du 1er novembre 2024. Il est actuellement dans la phase finale de ce plan, qui se terminera le 30 avril 2026, avec des entretiens mensuels avec son chef de service.

Le CGH a conclu en affirmant que le Dr Leong avait exprimé de profonds regrets et avait suivi les conseils et la réadaptation nécessaires. « L’hôpital reste pleinement engagé à maintenir les normes les plus élevées en matière de sécurité des patients et estime qu’un environnement de travail favorable et respectueux permet à notre personnel de fournir les meilleurs soins possibles », a-t-il ajouté.

You may also like

Leave a Comment