Publié le 13 octobre 2025 à 19h40. Des astronomes ont capturé la première image d’une planète en formation, un corps céleste massif baptisé WISPIT 2b, offrant une fenêtre unique sur les débuts des systèmes planétaires.
- WISPIT 2b, une planète cinq fois plus massive que Jupiter, n’a que cinq millions d’années, soit mille fois moins que la Terre.
- L’observation confirme l’hypothèse selon laquelle les lacunes dans les disques protoplanétaires sont créées par les planètes en formation.
- L’image a été obtenue grâce à deux télescopes de pointe situés au Chili.
Une équipe internationale d’astronomes a réussi une prouesse inédite : observer directement la naissance d’une planète. L’objet, nommé WISPIT 2b, se trouve au sein d’un disque protoplanétaire, une région de gaz et de poussières autour d’une jeune étoile où les planètes sont en train de se former. Cette découverte, publiée fin août dans The Astrophysical Journal Letters, confirme une théorie longtemps suspectée et ouvre de nouvelles perspectives sur la formation des mondes.
Pendant des décennies, les scientifiques ont émis l’hypothèse que les “lacunes” observées dans ces disques étaient le résultat du passage de planètes en formation, qui balayaient la matière sur leur orbite. Jusqu’à présent, aucune image ne permettait de confirmer cette idée. “Des dizaines d’articles ont été écrits sur ces lacunes, mais personne n’avait trouvé de cas définitif jusqu’à aujourd’hui”, a expliqué Laird Close, professeur d’astronomie à l’Université d’Arizona et auteur principal de l’étude.
« Beaucoup doutaient que les protoplanètes puissent les créer, mais nous savons maintenant qu’elles le peuvent. »
Laird Close, professeur d’astronomie à l’Université d’Arizona
L’image a été capturée grâce à une combinaison de deux instruments exceptionnels situés au Chili. Le Very Large Telescope (VLT) de l’Observatoire européen austral a d’abord détecté une anomalie dans le disque. L’équipe a ensuite utilisé le système MagAO-X, un imageur d’exoplanètes à très haut contraste installé sur le Télescope Magellan 2 à Las Campanas.
Selon Laird Close, l’observation a été spectaculaire :
« Dès que nous avons activé le système d’optique adaptative, la planète est apparue. Après avoir combiné deux heures d’exposition, elle est simplement apparue. »
Laird Close, professeur d’astronomie à l’Université d’Arizona
MagAO-X est conçu pour détecter la lumière H-alpha, émise par l’hydrogène lorsqu’il tombe sur une planète en formation. C’est cette lumière qui a révélé WISPIT 2b comme une petite source lumineuse au sein d’une zone sombre, témoignant de son interaction avec son environnement.
L’analyse des données infrarouges, réalisée avec le détecteur LMIRcam du Large Binocular Telescope en Arizona, a confirmé la présence de WISPIT 2b et a suggéré la possible existence d’une autre exoplanète plus proche de l’étoile. Les deux études, menées par Close et Richelle van Capelleveen de l’Observatoire de Leiden (Pays-Bas), sont disponibles dans The Astrophysical Journal Letters.
Richelle van Capelleveen souligne la rareté de ce type de système :
« Les systèmes comme WISPIT 2 sont rares. Les jeunes planètes brillent pendant très peu de temps. Si ce système avait notre âge, tout serait trop froid et trop sombre pour être vu. »
Richelle van Capelleveen, Observatoire de Leiden (Pays-Bas)
Au-delà de la confirmation d’un processus de formation planétaire, WISPIT 2b offre un aperçu du passé de notre propre système solaire. En observant la naissance de cette planète lointaine, les astronomes peuvent mieux comprendre comment la Terre s’est formée il y a des milliards d’années. La lueur violette de WISPIT 2b n’est pas seulement un point de lumière, mais le premier battement de cœur visible d’un nouveau monde.
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