Publié le 16 octobre 2024 à 22h51. Natal renforce sa lutte contre la dengue, le Zika et le chikungunya avec l’ouverture d’une unité de production de moustiques porteurs de la bactérie Wolbachia, une méthode innovante et écologique qui vise à réduire la transmission de ces arbovirus.
- La nouvelle unité, appelée Biousine, produira des moustiques Wolbachia qui seront relâchés dans 33 quartiers de Natal.
- La méthode Wolbachia est une approche biologique prometteuse, sans modification génétique ni produits chimiques, approuvée par la Fiocruz et le ministère de la Santé.
- Les premiers résultats de cette initiative sont attendus dans deux ans, avec l’espoir d’une baisse significative des cas de dengue, Zika et chikungunya.
Natal a franchi une étape importante dans la prévention des maladies transmises par les moustiques avec l’inauguration de la Biousine de la méthode Wolbachia, une initiative soutenue par le Programme mondial contre les moustiques (WMP Brésil), le ministère de la Santé et la Fondation Oswaldo Cruz (Fiocruz).
Située dans le quartier de Felipe Camarao, l’unité inaugurée ce jeudi 16 octobre marque le début du déploiement des Wolbitas – les moustiques porteurs de la bactérie Wolbachia qui empêchent la transmission des virus.
La méthode Wolbachia est considérée comme l’une des stratégies de lutte biologique contre les vecteurs les plus prometteuses au monde. Elle repose sur le principe de relâcher des moustiques Aedes aegypti porteurs de la bactérie Wolbachia, un micro-organisme naturellement présent dans environ 50 % des espèces d’insectes, mais absent chez Aedes jusqu’au lancement de ce projet.
Lorsque ces moustiques se reproduisent avec les Aedes locaux, ils transmettent la Wolbachia aux générations suivantes, les rendant incapables de développer et de transmettre les virus de la dengue, du Zika et du chikungunya. La population de moustiques continue d’exister, mais perd sa capacité à propager les maladies, créant ainsi un équilibre environnemental durable sans recourir à des produits chimiques.
Geraldo Pinho, secrétaire à la Santé de Natal, a souligné que la Biousine représente un investissement direct dans la prévention et les soins à la population.
« Il s’agit d’un moment historique pour la ville de Natal, où nous pourrons compter sur cette technologie pour contribuer à réduire considérablement les cas de dengue, de Zika et de chikungunya. Car la santé, ce n’est pas seulement traiter la maladie, c’est aussi la prévention et les soins, et c’est une stratégie supplémentaire qui s’ajoute aux actions continues de lutte anti-vectorielle que la municipalité a mises en place et qui contribuera à la réduction des cas d’arbovirus dans la commune. »
Geraldo Pinho, secrétaire à la Santé de Natal
Le secrétaire a également mis en avant le travail des Agents de Lutte contre les Maladies Endémiques (AS), chargés de sensibiliser la population et de diffuser l’information sur la méthode.
Ana Carolina Rabelo, responsable de la mise en œuvre de la Méthode Wolbachia chez WMP-Fiocruz, a insisté sur le caractère innovant et sûr de la technologie.
« Il s’agit d’une étape extrêmement importante pour nous et pour la population de Natal. L’arrivée de la Méthode Wolbachia devrait avoir un impact positif sur la réduction de la transmission des arbovirus. Il est également important de souligner que la méthode est naturelle, sûre et auto-durable, qu’il n’y a pas de processus de modification génétique, la méthode est donc totalement sûre pour la population. »
Ana Carolina Rabelo, responsable de la mise en œuvre de la Méthode Wolbachia chez WMP-Fiocruz
Selon Alexandre Motta, secrétaire d’État à la Santé publique, les résultats de cette initiative pourront être observés environ deux ans après la fin des lâchers.
« Cette méthode est bénéfique et positive pour la ville et l’État dans son ensemble, et elle renforce les progrès de la science dans la lutte contre les maladies. »
Alexandre Motta, secrétaire d’État à la Santé publique
Structure moderne et production à grande échelle
La Biousine de Natal, d’une superficie de 400 mètres carrés, dispose de salles dédiées au tri, à l’élevage des larves, aux tubes de libération, au lavage et au stockage, ainsi que d’un espace de restauration pour son équipe technique spécialisée, garantissant ainsi toutes les étapes de la reproduction des moustiques, de l’éclosion des œufs à l’assemblage des tubes de libération.
Le site aura la capacité de desservir l’ensemble de la capitale, avec des lâchers programmés sur 20 semaines dans 33 quartiers, notamment Alecrim, Candelária, Felipe Camarão, Lagoa Nova, Ponta Negra, Rocas, Redinha, Tirol, Cidade Alta, Planalto, Nova Dessistência et Bom Pastor, parmi d’autres zones stratégiques. L’objectif est de créer une barrière biologique naturelle capable de réduire significativement les taux d’infection dans les zones urbaines les plus denses.
Lívia Vinhal, coordinatrice générale de la surveillance des arbovirus au ministère de la Santé, a souligné l’importance de l’initiative et le rôle de la coopération entre les différents secteurs.
« Combattre les arbovirus n’est pas facile, ce n’est pas seulement un problème de santé, c’est un problème qui implique plusieurs secteurs. Aujourd’hui, nous lançons cette initiative, fruit de nombreuses années de recherche, et il y aura plusieurs semaines de lâchers, de surveillance et de suivi, et je suis sûr que nous aurons beaucoup de succès ici à Natal. »
Lívia Vinhal, coordinatrice générale de la surveillance des arbovirus au ministère de la Santé
Intégration avec d’autres actions préventives
La Méthode Wolbachia vient compléter les actions municipales de surveillance et de prévention déjà en place, notamment :
- La vaccination contre la dengue pour les enfants de 10 à 14 ans ;
- L’Enquête d’index rapide pour Aedes (LIRAa), qui identifie les lieux présentant la plus forte concentration de gîtes larvaires ;
- Les ovitraps, des pièges utilisés depuis 2015 pour surveiller les moustiques et reconnus au niveau national comme une référence en matière de méthodologie entomologique.
Des résultats déjà prouvés au Brésil
Selon les données du Programme mondial contre les moustiques, la technologie a déjà donné des résultats significatifs dans des villes comme Niterói (RJ), la première municipalité entièrement couverte par la méthode au Brésil.
En 2024, la ville a enregistré une réduction de 89 % des cas de dengue par rapport à la période précédant la mise en œuvre (2007-2016). Alors que le Brésil était confronté à la plus grande épidémie jamais enregistrée, avec 6,6 millions de cas et 6 200 décès, Niterói affichait un taux de 374 cas pour 100 000 habitants, bien en dessous de la moyenne nationale de 3 157 pour 100 000 habitants.
L’arrivée de la Méthode Wolbachia à Natal représente une étape importante pour la santé publique locale et une avancée scientifique qui aura un impact direct sur la qualité de vie de la population. La Biousine renforce le rôle de référence de la municipalité en matière de lutte biologique contre les vecteurs, en intégrant la science, la gestion et la sensibilisation de la population dans un seul projet.
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