Publié le 17 octobre 2025 à 21h35. La tension monte entre les États-Unis et le Venezuela, Washington accusant Caracas d’être impliqué dans le trafic de drogue et menaçant d’escalade militaire, tandis que le régime de Nicolás Maduro dénonce un projet de « changement de régime ».
- Le président américain Donald Trump affirme que Nicolás Maduro a fait « tout son possible » pour éviter un conflit ouvert.
- Les forces américaines ont attaqué un sous-marin soupçonné de transporter de la drogue dans les Caraïbes, dans le cadre d’une série d’opérations contre des « narcoterroristes ».
- Le Venezuela renforce sa présence militaire à la frontière avec la Colombie.
Donald Trump a révélé vendredi que le président vénézuélien Nicolás Maduro a fait des offres pour éviter une confrontation directe avec les États-Unis. Il a également confirmé une nouvelle attaque américaine, cette fois contre un sous-marin, qualifié de « chargé de drogue ».
Depuis août, Washington a déployé plusieurs navires de guerre dans les eaux internationales des Caraïbes, à proximité des côtes vénézuéliennes, et a lancé au moins six attaques contre des embarcations de petite taille, accusées d’appartenir à des « narcoterroristes ». Ces opérations ont fait au moins 27 morts, selon les informations disponibles.
Parallèlement à ces opérations, le Venezuela a renforcé sa présence militaire dans les régions frontalières avec la Colombie, signe d’une escalade progressive des tensions entre les deux pays.
L’attaque de jeudi, confirmée par le président Trump, visait un « sous-marin construit spécifiquement pour transporter de grandes quantités de drogue ». Des informations suggèrent qu’il pourrait y avoir des survivants, une possibilité que Marco Rubio, secrétaire d’État américain présent à une réunion à la Maison Blanche, n’a pas souhaité confirmer.
Interrogé sur les démarches du régime de Caracas, ou de certains de ses responsables, pour désamorcer la crise, Donald Trump a répondu avec une formule choc :
« Maduro a tout offert. Vous savez pourquoi ? Parce qu’il ne veut pas s’embrouiller avec les États-Unis. »
Donald Trump, président des États-Unis
Washington accuse officiellement Nicolás Maduro d’être à la tête du soi-disant « cartel des Suns », et a même mis sa tête à prix, offrant une récompense de 50 millions de dollars pour sa capture.
Connu pour sa diplomatie de la force et ses messages intimidants, Donald Trump avait annoncé mercredi avoir autorisé des opérations de la CIA contre le Venezuela. Si les interventions de la CIA en Amérique latine sont fréquentes, les confirmations officielles de telles opérations sont généralement retardées, voire révélées des années plus tard.
– Démentis de Delcy Rodríguez –
Nicolás Maduro, pour sa part, dénonce ces accusations comme un prétexte pour orchestrer un « changement de régime » et s’emparer des importantes réserves pétrolières du pays.
L’opposition politique vénézuélienne, représentée notamment par María Corina Machado, récemment récompensée par le prix Nobel de la paix, insiste sur la nécessité du départ de Maduro, avec ou sans négociations.
La vice-présidente du Venezuela, Delcy Rodríguez, a catégoriquement nié jeudi avoir entamé des négociations avec les États-Unis concernant un éventuel départ de Maduro, comme l’avait rapporté le Miami Herald. Elle a qualifié ces informations de
« FAUX !! »
Delcy Rodríguez, vice-présidente du Venezuela
et dénoncé « un autre média qui ajoute au dépotoir de la guerre psychologique contre le peuple vénézuélien », publiant sur Telegram une photo d’elle aux côtés de Maduro avec la légende : « Ensemble et unis avec le président Maduro ».
L’amiral américain Alvin Holsey, chef du Southern Command, a annoncé qu’il prendrait sa retraite à la fin de l’année, après seulement un an de mandat.
– Renfort militaire à la frontière –
Les autorités locales des États de Táchira et d’Amazonas ont annoncé jeudi le déploiement de patrouilles et de contrôles renforcés aux postes frontières avec la Colombie. À Táchira, où se trouvent les trois principaux points de passage reliant le Venezuela à la Colombie, des troupes ont été déployées autour du pont international Simón Bolívar, qui relie les villes colombiennes de Cúcuta et Villa del Rosario à la ville vénézuélienne de San Antonio, a confirmé l’AFP.
Dans l’État d’Amazonas, qui borde également le Brésil, des troupes ont été dispersées sur l’ensemble du territoire pour protéger les « entreprises stratégiques » et les « services de base ».
Le Venezuela a également renforcé ses effectifs dans les zones côtières, notamment dans les États de Nueva Esparta, Sucre et Delta Amacuro, situés à proximité de Trinité-et-Tobago.
Donald Trump a laissé entendre à plusieurs reprises ces dernières semaines qu’il envisageait désormais des attaques terrestres sur le territoire vénézuélien, estimant qu’il ne reste plus beaucoup de navires à attaquer dans les Caraïbes.
Des experts remettent en question la légalité des attaques américaines en eaux internationales contre des suspects qui n’ont ni été arrêtés ni interrogés.
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