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Tulum se refroidit : le tourisme décline dans le joyau de la Riviera Maya

by Clara Dubois

Publié le 26 octobre 2025 10h15. La destination prisée de Tulum, sur la Riviera Maya mexicaine, connaît un ralentissement touristique inattendu, conséquence d’une conjonction de facteurs allant des algues sargasses à la mise en place de nouvelles infrastructures gouvernementales.

  • Le taux d’occupation des hôtels à Tulum a chuté de plus de 10 % en septembre 2025, suscitant l’inquiétude des acteurs du tourisme.
  • La construction récente de l’aéroport de Tulum et du parc Jaguar, ainsi qu’une arrivée massive de sargasses, contribuent à cette baisse d’attractivité.
  • Des problèmes d’accès aux plages et une concurrence accrue de la part des locations saisonnières sont également pointés du doigt.

Tulum, autrefois symbole d’une croissance touristique effrénée, fait face à une période de turbulences. Si la basse saison et la présence de sargasses sont des phénomènes habituels à cette époque de l’année, les chiffres récents révèlent une baisse d’activité plus importante que prévue. Le taux d’occupation des hôtels, qui a à peine atteint 50 % le mois dernier, contraste fortement avec les performances des années précédentes. Cette situation alarme les professionnels du secteur, habitués à une demande soutenue dans l’État de Quintana Roo.

Plusieurs facteurs se conjuguent pour expliquer ce ralentissement. L’arrivée historique de sargasses, ces algues brunes envahissantes, a rendu certaines plages moins attractives. L’incertitude économique mondiale et la hausse des prix ont également dissuadé certains voyageurs. Mais les changements structurels induits par la construction de l’aéroport de Tulum et du parc Jaguar semblent jouer un rôle prépondérant.

Ces dernières années, Tulum s’est positionnée comme une destination prisée pour un tourisme haut de gamme, proposant des expériences variées telles que des festivals de musique électronique, des retraites spirituelles et des mariages traditionnels. La ville compte désormais 11 800 chambres d’hôtel, mais cette offre pléthorique ne se traduit pas par un taux d’occupation à la hauteur des attentes.

Toni Chaves, président de l’Association des hôtels de Riviera Maya, reconnaît la conjonction de ces facteurs :

« Il n’existe aucune destination au monde qui continue de croître historiquement pour toujours. »

Il souligne également la concurrence croissante des plateformes de location de courte durée, comme Airbnb, qui ne sont pas soumises aux mêmes réglementations que les hôtels traditionnels :

« Pour moi, la location saisonnière est une tendance du marché et on ne peut pas arrêter les tendances du marché, mais il faut les réguler. »

L’exclusivité de Tulum se traduit par des prix plus élevés que dans d’autres zones de la Riviera Maya. Carlos Hermosillo, venu de Mexicali avec sa compagne, témoigne de cette réalité : après avoir déboursé près de 1 500 pesos (environ 80 dollars) pour un trajet en taxi depuis le nouvel aéroport, il a été surpris par le coût des excursions vers la zone archéologique, estimé à 3 000 pesos (environ 160 dollars). Il a finalement opté pour une visite plus économique, ne dépensant que 800 pesos (40 dollars) pour les ruines mayas.

La zone archéologique de Tulum, l’une des plus visitées de la Riviera Maya, n’est pas épargnée par cette baisse de fréquentation. Les données de l’Institut national d’anthropologie et d’histoire (INAH) révèlent une diminution significative du nombre de visiteurs au cours de la dernière année. Cette tendance coïncide avec la création du Parc Jaguar, une réserve naturelle gérée par l’armée mexicaine, qui impose des frais supplémentaires pour accéder à la zone archéologique et à certains hôtels et plages.

David Borjas, qui a quitté Mexico pour s’installer à Quintana Roo, observe avec inquiétude la situation :

« Cette plage est l’une des rares où l’on peut accéder sans passer par un restaurant ou un hôtel, elle est agréable et calme. »

Il dénonce le manque de voies d’accès publiques aux plages, une situation qui contraint les touristes à consommer dans les établissements privés. José Manuel Jiménez, professeur d’hôtellerie à l’École bancaire et commerciale (EBC), souligne les erreurs de planification qui ont contribué à cette situation :

« Il y a eu des problèmes d’aménagement du territoire, de fourniture de services et des tensions dues aux évolutions rapides, qui affectent l’expérience touristique. »

Pour Jiménez, Tulum aurait dû privilégier un développement plus durable et spécialisé, en misant sur un tourisme responsable et des expériences uniques. Il estime qu’il faudra au moins dix ans pour que les investissements réalisés portent leurs fruits.

La crise à Tulum a conduit la secrétaire au Tourisme, Josefina Rodríguez, et la gouverneure de Quintana Roo, Mara Lezama, à rencontrer le maire de Tulum, Diego Castañón. Rodríguez a assuré que l’administration de Claudia Sheinbaum étudiait diverses options pour relancer le tourisme dans la région et a promis des mesures dans les semaines à venir. Castañón s’est engagé à demander aux hôteliers de faciliter l’accès aux plages. Il a annoncé sur les réseaux sociaux que quinze hôtels avaient accepté d’autoriser l’accès via leurs propriétés privées, rappelant que les plages sont publiques et accessibles à tous.

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